Entre l’ex Beastie Boys qui remonte sur scène à 60 ans, les increvables Cypress Hill à l’Accor Arena et la fête de la musique un peu partout, le programme électro et rap est chargé cette semaine. Voici notre sélection de concerts du 17 au 22 juin, à voir et écouter à Paris. Mike D jouera samedi 20 juin à l’Espace Périphérique de La Villette, sur un plateau comprenant Circle Jerks et Pussy Riot. Photo Jack Coleman Par Jean-Baptiste Roch, Erwan Perron Publié le 16 juin 2026 à 17h05 Mike D à l’Espace Périphérique de la Villette Qui se souvient de lui, courant une masse à la main, dans l’hilarant clip de Sabotage (1994) parodiant la série policière Starsky & Hutch ? Ou encore, qui le revoit balançant une tarte à la crème au visage d’un étudiant bien propre sur lui dans la vidéo de (You Gotta) Fight for Your Right (to Party), en 1988 ? Parangon du cool durant les années MTV et auteur en huit albums (entre 1988 et 2011) de la synthèse du rap et du punk hardcore, le trio new-yorkais Beastie Boys n’a pas survécu à la mort en 2012 de son bassiste et chanteur Adam Yauch. Contre toute attente, voici que Mike Diamond, alias Mike D, batteur et rappeur de la formation, remonte sur scène à 60 ans. On a pu écouter son album Thank You (sortie prévue le 28 août). Un disque parfaitement recommandable, où il rappe sur fond de rap-punk énervé et chante pour la première fois au son d’un étonnant rock évoquant les Rolling Stone (période 1960) passés au hachoir électro. À l’invitation de l’exposition de street art « Beyond the streets », il joue (à 22h15) dans un recoin du parc de la Villette sur un plateau comprenant ses compatriotes hurleurs de Circle Jerks et les Russes de Pussy Riot. Pour Mike D, l’histoire se déroulera en famille, puisque dans son groupe de cinq musiciens on trouve ses deux fils, de 20 et 22 ans... À lire aussi : Philippe Zdar : “Les Beastie Boys ont explosé la frontière entre le rock et le rap” Yan Wagner à la Maroquinerie Mais pourquoi donc, à l’écoute de l’album du Franco-Américain Yan Wagner, Forty Eight Hours (2012), a-t-on parfois l’impression d’être transporté trente-cinq ans en arrière ? « C’est à cause de l’orgue Farfisa, qui a été très utilisé par New Order », nous avait expliqué à sa sortie Arnaud Rebotini, qui a veillé à la production de l’opus. Sur son cinquième disque, Æther, Wagner regarde toujours autant dans le rétro new wave. Mais il élargit aussi son répertoire, comme sur Æthernité, troublante balade en duo avec Malik Djoudi. En concert, fin mélodiste à la belle voix grave, il montre sa capacité à varier les climats. q Le 17 juin, 19h30, La Maroquinerie, 23, rue Boyer, 20e, 01 40 33 35 05. (23,10 €). FRS Taga au Point Éphémère On ne va pas l’applaudir avant de l’avoir vu sur scène. Mais on aime beaucoup Prolétaire (2025), l’EP du rappeur et romancier stéphanois Robin Conche, alias Frs Taga, dont les neuf chansons portent crânement les couleurs, les affres et les espoirs d’un rap ouvrier. Dix ans à faire les trois-huit lui ont donné la rage au ventre. Sur L’Usine tout est dit. L’ascenseur social en panne : « J’ fais comme mon père : j’ fais mon job et je ferme ma gueule. » La solidarité de classe : « J’ regarde très mal le patron, j’ dis bonjour à l’hôtesse d’accueil. » Et puis, peut-être, la possibilité de faire autrement : « L’ancien m’ raconte que les cadences font qu’augmenter/ Qu’il aime plus sortir en pause depuis qu’ tout l’ monde est sur son tél. » Sa musique colle au message : boom bap sans fioriture ou rock électro à toute berzingue. Le 17 juin, 20h, Point éphémère, 200, quai de Valmy, 10e, 09 50 63 40 07. (19,90 €). À lire aussi : Télérama Concerts au Point Éphémère le 28 juin : venez écouter de jeunes talents en live Cypress Hill à l’Accor Arena À force de les voir en festival dérouler ad nauseam leurs tubes enregistrés dans les années 1990 (Insane in the Brain en tête), on en avait presque oublié combien los Angelenos B-Real et Sen Dog (au micro), DJ Muggs (aux platines) et Eric Bobo (percussions) sont talentueux. Leur onzième disque, Dios Bendiga (à sortir le 24 juillet), entièrement enregistré en espagnol, sera-t-il aussi réjouissant que leur compilation Los grandes exitos en español, publiée en 1999 ? « Nous vivons une époque historique pour le rap latino et avec ce projet nous avons voulu apporter notre contribution. C’est un retour à nos racines et un hommage aux personnes qui nous ancrent dans la réalité », a expliqué B-Real. Deux singles publiés laissent présager du meilleur et du plus dansant. s Le 18 juin, 19h30, Accor Arena, 8, boulevard de Bercy, 12e, 08 92 39 04 90. (68-88,90 €). Bruno Mars au Stade de France Grâce notamment à Uptown Funk, tube fracassant de 2014, le chanteur aux racines portoricaines et né à Hawaii est devenu l’une des plus grandes pop stars en activité, une redoutable machine à ressasser l’héritage rock-soul-funk américain, de James Brown à Michael Jackson. Après dix ans à enquiller les tubes, il revient cette année avec un nouvel album où quelques chansons sortent du lot, toujours teintées de ce vernis pop qui peut lasser. Sur la scène du Stade de France, trois soirs de suite, son énergie devrait toutefois faire danser. — Jean-Baptiste Roch Du 19 au 21 juin, 19h, Stade de France, avenue du Président-Wilson, Saint-Denis (93). (73-216 €). Phantogram à la Maroquinerie Au jeu des étiquettes, on classera tour à tour ce duo new-yorkais lancé à l’orée des années 2010 dans la famille dream pop, électronica ou trip-hop… Ses deux dernier singles dévoilés, Forever et Thrill, dans une veine électro-pop doucement psychédélique, ne sont certes pas renversants mais agréables. Dans l’intimité d’un petit club, on y croit. Le 20 juin, 19h30, La Maroquinerie, 23, rue Boyer, 20e, 01 40 33 35 05. (34,50 €). Fip The System aux Arènes de Lutèce La tradition des sound systems, née à la Jamaïque dans les années 1950, et depuis reprise partout, se porte décidément bien ! Alors, pour la quatrième année, direction les Arènes de Lutèce (de 16h à 22h), où la station musicale FIP nous convie aux sons des picos colombiens et des sons parisiens. Parmi les premiers, l’impressionnante discothèque ambulante la Saramuya, entièrement construite à Barranquilla (Colombie) et désormais basée à Athènes, est paraît-il un attraction majeure. Parmi les seconds, on a déjà eu l’occasion d’applaudir le Tweak crew, animé par les artistes du label Mains courantes, orfèvres du dub-électro. q Le 21 juin, 16h, Arènes de Lutèce, 47, rue Monge, 5e. Entrée libre. Block Party avec Global Warming aux Affranchis Vous n’échapperez pas à son logo ce 21 juin : une célèbre marque de bière portugaise cornaque une trentaine de bars parisiens. Et notamment les Affranchis (de 16h à 2h), qui invite les soirées Global Warming, un « collectif techno visant à déconstruire les rapports de domination qui impactent le monde de la nuit ». Au programme : sonorités latinos, reggaeton et baile funk. q Le 21 juin, 16h, Les Affranchis, 5, rue Henri-Monnier, 9e, 01 45 26 26 30. Entrée libre. Sina Bathaie au Café de la danse Un peu à la manière du Français Thylacine, le producteur électro basé à Toronto marie sur scène instruments acoustiques traditionnels (oud, ukulélé, djembé...) et musique électronique tout en douceur et tranquilles pulsations. On ne l’a jamais vu sur scène, mais on n’est pas surpris d’apprendre qu’il a fait un carton à Burning Man, le grand rendez-vous des néo-hippies dans le désert du Nevada. Le 22 juin, 20h30, Café de la danse, 5, passage Louis-Philippe, 11e, 01 85 09 78 63. 29,99-59,99 €.