L’Europe subissait une canicule et la salle de vente de Sotheby’s surchauffait à Londres la semaine dernière pour une grande liquidation de chefs-d’œuvre modernes et contemporains.La vente estivale a établi un nouveau sommet historique européen pour une seule soirée aux enchères. Le succès a été interprété comme le signe d’une possible reprise, sinon de la spéculation artistique, au moins du repositionnement de Londres comme une des capitales du marché de l’art mondial après les années difficiles postpandémiques.Le Nu assis au collier d’Amedeo Modigliani (1917) a arrêté le marteau à plus de 90 millions de dollars canadiens. Le Portrait de Gertrud Loew de Gustav Klimt (1902) a été adjugé pour plus de 65 millions de dollars canadiens. Là encore, sans compter les taxes et les frais de la maison d’encan.Au total, la collection de la famille du milliardaire Joe Lewis a été payée plus de 550 millions de dollars canadiens. Le total s’approche du record de la collection Pierre Bergé et Yves Saint-Laurent, qui avait généré 50 millions de plus en 2009, mais en plusieurs séances.La famille Lewis a ainsi confirmé sa place comme collectionneuse mondiale quasi hors pair. Le père Joe a fait fortune dans la finance et a accumulé avec sa fille Vivienne des trésors artistiques. L’ensemble de leur collection vaudrait plus de 1,5 milliard.Les Lewis sont établis aux Bahamas. Le patriarche bientôt nonagénaire a été accusé de délit d’initié aux États-Unis en 2023 et reconnu coupable l’année suivante. Il a été gracié par le président Trump.Ce n’est pas tout. Après l’écoulement des trésors lewisiens comprenant une cinquantaine d’œuvres allant de Picasso à Lucian Freud, la soirée a enchaîné avec une quarantaine d’autres lots modernes et contemporains qui ont rapporté encore plus de 200 millions de dollars. Un tableau de la série des Nymphéas de Monet datant de plus d’un siècle a généré à lui seul une facture de près de 90 millions de dollars. Time is Monet…Tout au gagnantLes ventes publiques mondiales totales ont augmenté de 4 % en 2015, un premier rebond après deux années consécutives de recul selon le Art Basel et UBS Art Market Report publié en mars. Le marché de l’art mondial totalise maintenant 85 milliards de dollars canadiens, dont 50 milliards pour les ventes publiques.