C’est un rituel bien huilé. En mai, comme chaque année, le monde de l’art prend le pouls du marché de l’art moderne et contemporain lors des ventes aux enchères de New York, un mois avant la prestigieuse foire de Bâle, dont la prochaine édition se tient du 19 au 22 juin. Des centaines de millions de dollars s’échangent en quelques semaines, les records pleuvent. Cette saison, ces sessions ont singulièrement manqué d’éclat, confirmant un ralentissement généralisé.

Perceptible dès 2023, l’essoufflement s’est accentué l’année dernière avec une chute de 12 % du marché, selon le dernier rapport UBS-Art Basel, publié en mars. Le secteur des ventes aux enchères, à lui seul, a dégringolé de 25 % en un an. Cette pente négative se poursuit en 2025. La vente fleuve d’art contemporain organisée en mai par Sotheby’s a ainsi totalisé 186 millions de dollars (162 millions d’euros), soit 20 % de moins que celle organisée à la même époque en 2024.

Comme la Bourse ou l’immobilier, le monde de l’art a besoin de stabilité. Les guerres en Ukraine et à Gaza comme l’imprévisibilité du président américain, Donald Trump, ont tôt fait de geler les affaires. Les vendeurs hésitent à se défaire de leurs trophées. Quant aux acheteurs, ils ne s’en laissent plus conter.