Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Le Monde Afrique Le Monde Afrique Afrique du Sud Afrique du Sud Afrique du Sud Le pays vit dans l’attente fébrile du 30 juin, date à laquelle des groupes anti-immigration illégale ont prévu de grandes marches contre les étrangers en situation irrégulière. Une mobilisation qui tranche avec l’idéal de l’« ubuntu », philosophie humaniste de l’après-apartheid. Article réservé aux abonnés LETTRE DE JOHANNESBURG « L’ubuntu est suspendu jusqu’à nouvel ordre. » Cette petite phrase de Jacinta Ngobese-Zuma, figure de proue du mouvement anti-immigration illégale March and March, a été lancée incidemment, en mai, au cours d’un rassemblement dans un quartier du Cap. Elle illustre pourtant la manière dont certains groupes ont choisi de tourner résolument le dos aux idéaux du vivre-ensemble promus lors de l’avènement de la démocratie sud-africaine. En Europe, le mot ubuntu est surtout connu par les passionnés d’informatique pour être l’une des distributions de Linux, le système d’exploitation libre et gratuit. L’entrepreneur anglo-sud-africain Mark Shuttleworth, à la tête de la société qui a développé Ubuntu, n’a pas inventé ce nom : il l’a emprunté à une notion présente dans toutes les langues bantous, synonyme d’entraide et de partage. Le terme renvoie à un proverbe en langue zoulou : « Umuntu ngumuntu ngabantu », qui peut se traduire par « Je suis parce que nous sommes ». Popularisées par les pères de la « nation arc-en-ciel » et notamment Nelson Mandela, les valeurs de l’ubuntu ont guidé bien des décisions post-apartheid, de la mise en place de la Commission de la vérité et de la réconciliation, à la rédaction d’une Constitution très progressiste, en passant par la politique d’accueil des réfugiés. Il vous reste 77.17% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
En Afrique du Sud, des marches xénophobes à contre-pied de l’esprit de l’« ubuntu »
Le pays vit dans l’attente fébrile du 30 juin, date à laquelle des groupes anti-immigration illégale ont prévu de grandes marches contre les étrangers en situation irrégulière. Une mobilisation qui tranche avec l’idéal de l’« ubuntu », philosophie humaniste de l’après-apartheid.
















