Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Le Monde Afrique Le Monde Afrique Afrique du Sud Afrique du Sud Afrique du Sud Des étrangers fuient massivement le pays tandis qu’un mouvement soutenu par des dizaines d’organisations et de partis politiques a exigé leur départ avant mardi 30 juin. Si seuls les migrants illégaux sont visés, tous les ressortissants africains se sentent en danger. Article réservé aux abonnés Assise au milieu d’un océan de valises dans une gare routière bouillonnante du centre-ville de Johannesburg, Celeste (son prénom a été modifié) est indifférente au tumulte qui l’entoure. A côté d’elle, une petite fille de 2 ans s’occupe sans bruit. Des heures qu’elles attendent de monter dans un bus. Après cinq années en Afrique du Sud, Celeste rentre au Zimbabwe. Pour le moment, en tout cas. « Les Sud-Africains ne veulent plus de nous, j’ai peur pour ma fille », souffle la jeune mère. Comme elle, au matin du samedi 27 juin, ils sont des centaines à s’être engouffrés dans la gare routière du quartier de Newton dans l’espoir de quitter le pays au plus vite. Et comme elle, tous font profil bas. Les mêmes scènes se répètent à Johannesburg, à Durban, au Cap. Venus de tout le continent – Zimbabwe, Malawi, Mozambique, Nigeria, Ghana, Kenya, etc. –, des étrangers fuient l’Afrique du Sud par milliers tandis qu’un mouvement soutenu par des dizaines d’organisations et de partis politiques leur a posé un ultimatum de départ. Date butoir : mardi 30 juin. Ce n’est pas la première fois que l’Afrique du Sud est en proie à une poussée de fièvre xénophobe. Mais jamais des étrangers terrorisés n’avaient ainsi fait leurs bagages en masse. Le pays retient son souffle en redoutant une explosion de violence. Pratiquement inconnu il y a trois mois, le mouvement March and March, à l’origine de la mobilisation, appelle à des manifestations anti-immigration qu’elle promet pacifiques. Il vous reste 86.57% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.