Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement M Campus M Campus La bonne paye La bonne paye La bonne paye « La bonne paye ». Chaque semaine, « Le Monde » parle d’argent avec les jeunes. Que signifie « bien gagner sa vie » ? Comment se projettent-ils dans l’avenir ? Cette semaine, Victoria raconte comment elle jongle entre les plateaux de tournage et de longues périodes d’incertitude. Article réservé aux abonnés Je suis actrice de cinéma. C’est difficile de donner une estimation de ce que je gagne. Je peux toucher 20 000 euros d’un coup, puis plus rien pendant un an. Pour vivre, cet argent, je dois le mettre de côté. Je suis payée à la journée, et plutôt très bien payée. Si mon contrat est bien négocié, je peux toucher jusqu’à 1 000 euros par jour de tournage. En général, c’est plutôt entre 600 et 800 euros, pour une journée de travail qui dure parfois jusqu’à quinze heures. Au maximum, j’ai gagné 9 000 euros en un mois. Mais après, je peux avoir un vide d’une année sans tourner, donc sans revenu. J’ai participé à mon premier tournage à 19 ans. C’était pour le film L’Homme de la cave, de Philippe Le Guay. Je jouais aux côtés de François Cluzet, j’étais impressionnée. J’ai travaillé pendant vingt jours, étalés sur trois mois, payés 700 euros par jour. J’ai touché 15 000 euros. Au début, je ne savais comment gérer cet argent, le monde du cinéma m’était inconnu. Je suis née à Strasbourg, mes parents sont dans l’éducation nationale. Ma mère est professeure de sport, mon père, d’économie. Personne dans ma famille ne fréquente le milieu du cinéma. Ils sont fonctionnaires, travaillent tous les jours, gagnent chaque mois le même salaire : un schéma radicalement différent du mien. Il vous reste 77.66% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.