Publié à 0h52

Mis à jour à 1h14

Critique

Ce n’était pas la place Saint-Pierre de Rome, mais tout comme. Samedi soir, les papes du math rock microtonal Angine de Poitrine ont transformé la Place des Festivals en lieu de culte : à perte de vue, des spectateurs formant un triangle au-dessus de leurs têtes avec les deux mains, le signe de quelque chose d’assurément joyeux, rythmé et rassembleur. En cette belle soirée chaude d’été, l’improbable duo rock expérimental a joué devant l’une des foules les plus imposantes de l’histoire du Festival international de jazz de Montréal.Les dévots avaient fière allure au centre-ville. On les voyait arriver de loin avec leurs vêtements à pois, leurs t-shirts du groupe, parfois même leurs costumes artisanaux.Sur les réseaux sociaux circulait dès 13 h une photo d’un fan, affublé du casque triangulaire et des nattes dorées du guitariste-bassiste Khn de Poitrine, déjà planté devant la scène, attendant le début du concert du duo prévu à 21 h 30. À 19 h déjà, la Place des Festivals atteignait presque sa pleine capacité ; trente minutes avant le début du concert, le public, venu voir gratuitement le groupe rock de l’heure sur la planète, refoulait sur la rue Jeanne-Mance au sud de Sainte-Catherine, sur le côté ouest derrière les bars et au nord de la grande scène, où des écrans relayaient la performance.Avait-on déjà vu autant de spectateurs pour un concert extérieur gratuit au FIJM ? Entre nous s’est dégagé un consensus : lors du concert de Stevie Wonder, le 30 juin 2009, quelques semaines avant l’inauguration de la Place des Festivals fraîchement construite (et la scène était dans le sens opposé, près de la rue Sainte-Catherine).