Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Histoire Histoire Histoire Tribune Dominique Kieffer Fille du commandant et résistant Philippe Kieffer Dominique Kieffer, fille de l’officier de marine Philippe Kieffer, commandant du seul bataillon français à participer au débarquement de Normandie, s’inquiète, dans une tribune au « Monde », de voir les commémorations du 6 juin 1944 de plus en plus institutionnelles et politisées. Publié aujourd’hui à 12h00 Temps de Lecture 2 min. Article réservé aux abonnés Comme chaque année depuis 1965, je participe aux cérémonies commémoratives du débarquement en Normandie. Pendant de nombreuses années, j’y ai accompagné ma mère, qui tenait à honorer la mémoire de mon père et de ses compagnons d’armes. Lorsque l’âge et la santé ne lui ont plus permis de se déplacer, elle m’a confié cette mission de mémoire, avec la conviction que le souvenir de ces hommes ne devait jamais s’éteindre. Depuis lors, je me rends fidèlement à ces cérémonies, non seulement en hommage à mon père, mais également à tous ceux qui ont choisi de s’engager pour combattre le nazisme, défendre la liberté et contribuer à la libération de l’Europe. Au fil des décennies, j’ai vu évoluer ces commémorations. Dans les années 1980, elles avaient une dimension profondément humaine. Les vétérans étaient encore nombreux. Ils se retrouvaient avec émotion, évoquaient leurs souvenirs et rendaient hommage à leurs camarades disparus. Ces journées étaient avant tout celles des anciens et de leurs familles. Les vétérans fêtaient aussi la vie et la liberté. Aujourd’hui, le temps a accompli son œuvre. Les vétérans français ne sont plus là et les témoins directs de cette période historique ont progressivement disparu. Les cérémonies ont pris une autre dimension, plus institutionnelle, plus médiatique, plus politisée aussi. Même si l’importance du devoir de mémoire demeure incontestable, j’ai parfois le sentiment que les familles, pourtant dépositaires de l’héritage moral et historique de ces combattants, occupent désormais une place secondaire dans des manifestations où les contraintes protocolaires et sécuritaires prennent une importance croissante. Il vous reste 61.26% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.