Trois femmes sont agenouillées près d’une baignoire où est plongée une fillette de trois ou quatre ans, qu’elles s’appliquent à laver, à coiffer et à soigner tout en la pressant de questions. « D’où viens-tu ? Quel âge as-tu ? Comment t’appelles-tu ? » La petite Kenza (Estelle Kenza Dogbo), migrante tout juste rescapée d’un naufrage, a très peu de réponses à fournir à ses bienfaitrices, qui choisissent de la garder auprès d’elles, et de lui offrir une famille et une communauté, en dépit de la loi.Ces sentiments de solidarité et de combativité sont au cœur de Promis le ciel, un drame nuancé, aussi dur que lumineux, de la réalisatrice franco-tunisienne Erige Sehiri (Sous les figues, 2022), dans lequel un groupe de femmes ivoiriennes luttent entre pugnacité et espoir dans un contexte tunisien hostile à l’immigration.Marie (Aïssa Maïga), la matriarche, est une ancienne journaliste qui, depuis son arrivée à Tunis, célèbre mariages et messes en tant que pasteure évangélique dans une maison en ruines qu’elle partage avec ses protégées. En plus de Kenza, elle accueille chez elle Naney (Debora Lobe Naney), une mère qui espère pouvoir légaliser sa situation en Tunisie et gagner assez d’argent pour faire venir sa fille adolescente laissée au pays trois ans plus tôt, et Jolie (Laetitia Ky), une étudiante en ingénierie, et la seule du trio à détenir un droit de séjour.Dans une Tunis où sévissent chaque jour racisme, rafles, arrestations et expulsion des membres de la communauté issue d’Afrique subsaharienne, toutes trois s’échinent à faire advenir le rêve évanescent qu’avait esquissé l’exil.
«Promis le ciel» : Terre-mère hostile
La réalisatrice franco-tunisienne Erige Sehiri braque les projecteurs sur la migration intra-africaine à travers un trio de survivantes inoubliables.












