25 juin 2026Aujourd'hui à 19:17Le sous-financement des communes appelle une réforme de fond, pas une nouvelle hausse des impôts locaux.Une semaine après l'alerte lancée par les bourgmestres des neuf grandes villes de Wallonie, c'est au tour de Belfius de s'inquiéter de l'état des finances locales.Le constat reste identique: à ce rythme, même si elles parviennent à garder la tête hors de l'eau en réduisant leurs dépenses, les finances des villes vont craquer.Le problème n'est pas nouveau. Depuis des années, les communes sont devenues la variable d'ajustement des finances publiques belges. Elles héritent de compétences et de charges décidées par la Région ou le Fédéral sans recevoir les moyens correspondants.La réforme des allocations de chômage en est une illustration. Le gouvernement fédéral a décidé de limiter les allocations dans le temps, mais n'a pas prévu de financer intégralement le coût supplémentaire du revenu d'intégration que devront supporter les CPAS.À cette pression s'ajoute une autre réalité, particulièrement marquée dans les grandes villes. Elles financent quotidiennement des services dont bénéficient des dizaines de milliers de navetteurs et d'usagers qui acquittent leurs impôts ailleurs. Dans cinq des neuf grandes villes wallonnes, entre 40% et 45% des actifs travaillent sur le territoire communal sans y résider.Les solutions? Dans une Belgique où les budgets craquent à tous les étages, on voit mal, aujourd'hui, le Fédéral et la Région s'entendre sur des solutions structurelles permettant de redonner de l'air aux communes. Le scénario le plus probable est plutôt celui de la fuite en avant. Le gouvernement wallon, pourtant hostile à toute forme de pression fiscale, a refilé la patate chaude aux communes en leur suggérant de diminuer leurs dépenses et d'augmenter leurs recettes. Au-delà de l'hypocrisie de cette recommandation, le "dépensez moins, taxez plus" ne tiendra pas longtemps.Des entreprises s'inquiètent déjà du retour, l'année prochaine, des taxes sur leurs investissements productifs. Quant aux citoyens, ils pestent en découvrant leur avertissement-extrait de rôle du précompte immobilier.Plus inquiétant encore, Belfius constate une chute de 52% des investissements communaux entre 2024 et 2026. Or, ce sont précisément ces investissements qui soutiennent l'activité des entreprises locales.Certains évoquent désormais la fusion des communes, une taxation fondée sur le lieu de travail ou encore un alourdissement de la pression fiscale sur les investisseurs immobiliers. Mais ces pistes manqueront leur cible tant que le problème de fond ne sera pas traité.Tant que les différents niveaux de pouvoir continueront à transférer des compétences sans en assumer pleinement le financement, les citoyens paieront davantage d'impôts locaux, les investissements reculeront et les finances communales continueront de s'enfoncer.