Plus d’une semaine après la mise en demeure de l’Arcom en raison d’un manque de pluralisme des opinions exprimées sur CNews, le président du directoire du groupe Canal+ a réagi dans une tribune. Maxime Saada, lors de son audition par la commission d’enquête sur l’audiovisuel public le 1ᵉʳ avril 2026. Photo Julien Muguet/Hans Lucas Par Romain Colas - avec AFP Publié le 25 juin 2026 à 17h41 C‘est pour lui « une décision politique ». Alors que la chaîne d’infos CNews a été sommée par l’Arcom de respecter davantage la diversité d’opinions sur son antenne, le président du directoire du groupe Canal+, Maxime Saada, s’est exprimé dans une tribune publiée mercredi sur le site du Figaro. « La toute dernière mise en demeure de CNews […] vient d’ouvrir une brèche dans laquelle tout le paysage audiovisuel français risque de s’engouffrer, écrit-il. Ceci n’est pas une décision de régulation. C’est une décision politique. Et elle poursuit un seul objectif : faire taire, puis faire disparaître une chaîne que des millions de Français choisissent librement chaque jour. » Le dirigeant semble pourtant oublier qu’il ne s’agit que d’une simple application par l’Arcom d’une décision du Conseil d’État. En février 2024, la plus haute juridiction du pays avait ainsi estimé que la notion de pluralisme ne pouvait se limiter à un simple décompte du temps de parole des politiques à l’antenne. L’instance affirme alors qu’il faut désormais « prendre en compte la diversité des courants de pensée et d’opinion représentés par l‘ensemble des programmes diffusés, y compris les chroniqueurs, animateurs et invités […] ». Cinq mois plus tard, l’Arcom détaille les critères auxquels les chaînes doivent dorénavant se conformer. Multiples manquements CNews est passée outre et a donc été mise en demeure par l’Arcom de les respecter. « Soyons lucides sur la suite. Après la mise en demeure viendront les sanctions financières. Puis la menace de la fermeture de la chaîne, puisque la chaîne ne saura se conformer à une exigence impressionniste et imprévisible », affirme sans ironie le patron de Canal+. Il estime voir en cela non une « hypothèse », mais « une trajectoire évidente » : « Nous ne la connaissons (hélas) que trop bien, pour avoir vécu la fermeture de C8. » « Une autorité qui se fait juge de l’équilibre de la critique ne protège pas le pluralisme, elle l’appauvrit », regrette-t-il. Rappelons, là encore, que le Conseil d’État avait estimé que le régulateur était dans son bon droit de ne pas reconduire C8 en raison des multiples manquements de la chaîne, condamnée au total à 7,6 millions d’euros d’amendes. Les médias du milliardaire conservateur Vincent Bolloré (CNews, Le JDD, JDNews, Europe 1) ont été pointés du doigt ces dernières semaines, jusqu’au Quai d’Orsay, pour la place accordée à la chroniqueuse russe Xenia Fedorova, accusée d’y relayer la propagande du Kremlin. L’Arcom a récemment annoncé qu’elle allait se doter à la rentrée d’un système de « veille » sur le respect du pluralisme sur les quatre chaînes info de la TNT (BFMTV, CNews, LCI, Franceinfo), avec la campagne présidentielle de 2027 en ligne de mire. Télévision CNews Canal+ Arcom Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus Pour soutenir le travail de toute une rédaction, abonnez-vous Pourquoi voyez-vous ce message ? Vous avez choisi de ne pas accepter le dépôt de "cookies" sur votre navigateur, qui permettent notamment d'afficher de la publicité personnalisée. Nous respectons votre choix, et nous y veillerons. Chaque jour, la rédaction et l'ensemble des métiers de Télérama se mobilisent pour vous proposer sur notre site une offre critique complète, un suivi de l'actualité culturelle, des enquêtes, des entretiens, des reportages, des vidéos, des services, des évènements... Qualité, fiabilité et indépendance en sont les maîtres mots. Pour ce faire, le soutien et la fidélité de nos abonnés est essentiel. Nous vous invitons à rejoindre à votre tour cette communauté en vous abonnant à Télérama. Merci, et à bientôt. S’abonner