Il commentera ce jeudi, en duo avec l’ex-international Samuel Umtiti, l’affiche Allemagne/Équateur. Discret, intello et fan de pop anglaise, le journaliste, qui officie pour la quatrième fois en Coupe du monde, détonne. Julien Brun : « Quand M6 m’a appelé, j’ai été archi content. » Photo Étienne Garnier/Presse Sport Par Etienne Labrunie Publié le 25 juin 2026 à 13h00 Julien Brun n’est pas le plus célèbre des commentateurs de foot. Loin de là. Il gagne pourtant à être connu. Après quinze jours de compétition, il commentera ce jeudi, à New York, en duo avec Samuel Umtiti, Allemagne/Équateur, son septième match de ce Mondial. Dans une couverture globalement décevante de M6, le journaliste de 48 ans, qui participe à sa quatrième Coupe du monde consécutive (au Brésil en 2014 et en Russie en 2018 pour BeinSports, au Qatar en 2022 pour TF1), se démarque, rappelant au passage qu’il reste une valeur sûre au micro. Dans son style tout en sobriété, d’une voix posée et avec un phrasé très articulé, il se met au service du match, sans hurlements ni punchlines préparées à l’avance. Bref, il offre quelques grammes de finesse dans un monde de buts. Trop, lui reprochent certains téléspectateurs avides de sensations. Lui assume et se présente sur son compte Instagram (1 657 followers) comme « un intermédiaire vocal entre le jeu et les gens ». En retenue, donc. « Il a cette distance, sérieuse, pro, très anglaise, et c’est ma tasse de thé », s’amuse le journaliste franco-britannique Darren Tulett, son ami et ancien collègue à BeinSports et à Canal+, où Julien Brun a été embauché en 2008 après des piges à Eurosport. “Dans le top 5 des commentateurs” « English style », le compliment va droit au cœur de cet enfant de Fitz-James (Oise), fan de Premier League (D1 anglaise) et du légendaire attaquant des Three Lions Kevin Keegan. « J’aime le côté sérieux sans l’être des Anglais, qui n’en font pas des caisses dans leurs commentaires mais décochent la formule qui va bien au moment du but », souligne-t-il. Il aime et il pratique. Car derrière sa bobine de premier de la classe se cache un pince-sans-rire jamais contre l’idée de glisser un trait d’esprit. « C’est dommage, la pelouse manquait un peu de profondeur pour amortir une telle détresse », lâche-t-il par exemple devant cet attaquant simulant une faute contre lui dans la surface de réparation, pour obtenir un penalty. À lire aussi : Coupe du monde 2026 : football partout, commentatrices nulle part Dans cet univers masculin et un peu monocorde du commentaire de foot, Julien Brun serait donc l’élève brillant mais trop discret. Sa carrière en crypté sur Canal+ (2008-2012) puis BeinSports (2012-2021) n’aide pas à booster une notoriété de niche… En outre, depuis cinq ans il est difficile à suivre, ballotté au gré des droits de la Ligue 1 sur des canaux éphémères. Il enchaîne Téléfoot (la chaîne de Médiapro), Prime Video et DAZN. Cette année, pas d’appel du nouveau diffuseur Ligue 1+. « Quand M6 m’a appelé, j’ai été archi content », confie le Picard qui sort d’une saison blanche sans micro attitré et ponctué de piges comme chroniqueur pour La chaîne L’Équipe. « Quand nous avons vu qu’il était libre, on n’a pas hésité une seconde à lui proposer de nous rejoindre », confie Hervé Béroud, le directeur de l’information de M6, qui le classe « dans le top 5 des commentateurs ». Il fait partie des tout meilleurs et se démarque en s’appuyant sur une culture générale impressionnante, qu’il met au service du foot. Thibault Le Rol, journaliste à Ligue 1+ Un avis partagé. « C’est un superpro, un supercamarade, et vous trouverez difficilement quelqu’un pour dire le contraire », confirme Darren Tulett. « Il fait partie des tout meilleurs et se démarque en s’appuyant sur une culture générale impressionnante, qu’il met au service du foot », souligne Thibault Le Rol, son ex-collègue, journaliste à Ligue 1+. Tous saluent un énorme bosseur et s’amusent de ses fiches qu’il réactualise avec minutie. Il évite les soirées mondaines, fuit les réseaux sociaux et s’abstient de copiner avec le milieu du foot. Un ours Brun ? « Je n’ai pas l’impression pour autant d’être une porte vitrée dans laquelle on se cogne », ironise-t-il. En revanche, on peut le croiser dans les salles de concerts que ce fan de pop anglaise (forcément) et de rock indépendant fréquente assidûment, ou plus ponctuellement dans les tribunes… de l’Assemblée nationale « pour comprendre ce qui s’y joue ». Julien Brun n’a peut-être pas fini de nous surprendre. À lire aussi : Coupe du monde : onze (très) bons documentaires et films à voir entre deux matchs Télévision M6 Football Coupe du monde de football Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus