Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Outre-mer Outre-mer Outre-mer Analyse Nathalie Guibert Journaliste au service Politique Alors que la cour d’appel de Paris vient de refuser de relancer l’enquête pénale sur ce scandale sanitaire qui a frappé les Antilles, nombre de malades attendent toujours d’être dédommagés. Une lenteur qui s’explique par la résistance de l’administration, laquelle craint d’ouvrir la boîte de Pandore. Publié aujourd’hui à 06h52 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Les victimes de l’insecticide chlordécone en Martinique et en Guadeloupe obtiendront-elles un jour une digne réparation ? La question se pose après une nouvelle décision de justice décevante pour elles, lundi 22 juin. Vingt ans après les premières plaintes, la cour d’appel de Paris a, en effet, refusé de relancer l’enquête pénale sur ce scandale sanitaire, confirmant le non-lieu prononcé au début de 2023. Les parties civiles vont se pourvoir en cassation. Le chlordécone, utilisé pour lutter contre le charançon dans les bananeraies d’outre-mer, a été autorisé par la France de 1972 à 1990, puis, après son interdiction, jusqu’en 1993, par dérogation. Son caractère cancérogène était pourtant connu dès 1979, et plusieurs pays, à commencer par les Etats-Unis, victimes d’un grave accident industriel lié à sa production en 1975, l’ont très vite interdit. D’après Santé publique France, 81 % à 85 % de la population des Antilles est toujours contaminée en 2026, 14 % à 18 % parmi elle affichant un taux de chlordécone dans le sang supérieur à la valeur toxicologique de référence. En outre, la science a établi que l’insecticide persistait dans les terres, les rivières et la mer. Pour ces dommages considérables et durables, aucun responsable n’a été condamné à ce jour et les réparations n’en sont qu’aux prémices. Sur le plan symbolique, Emmanuel Macron a reconnu, en 2018, que l’Etat devait « prendre sa part de responsabilité ». Une loi votée le 12 juin a traduit cette reconnaissance en mots. Cependant, elle reste un texte de principes non contraignant. Lobbying acharné L’Etat met en avant les plans gouvernementaux, utiles mais partiels, lancés depuis une quinzaine d’années pour soutenir la recherche, le dépistage des populations, et le soutien aux secteurs de l’agriculture et de la pêche. Le plan 2021-2027 bénéficie de 92 millions d’euros de crédits. Toutefois, seuls 186 malades ont jusqu’ici été dédommagés, de façon forfaitaire, par le fonds national d’indemnisation des victimes de pesticides, manifestement inadapté aux quelque 12 000 travailleurs de la banane. Il vous reste 64.19% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.