La réalisatrice norvégienne Janicke Askevold signe "Solomamma", un drame délicat qui redéfinit la maternité solo. À voir en salles ce mercredi 24 juin 2026. Le résuméDans "Solomamma", la maternité solo n’est pas un manque, mais une autre configuration familiale.La réalisatrice norvégienne Janicke Askevold explore le poids des origines, entre curiosité intime, biologie et filiation sociale.Le film rappelle qu’une famille tient moins à sa forme qu’à la présence, l’amour et l’engagement.Edith est journaliste, mère célibataire, et pensait avoir trouvé un équilibre. Jusqu’au jour où elle découvre l’identité du donneur à l’origine de la naissance de son fils: Niels, créateur de jeux vidéo à succès. D’abord motivée par la curiosité puis par l’inquiétude de voir apparaître chez son enfant des traits qu’elle ne comprend pas, elle provoque une rencontre sous couvert d’interview. Mais de leurs échanges va peu à peu naître une relation… ambiguë.Avec "Solomamma", inspiré de témoignages de mères solos rencontrées en Norvège, la réalisatrice Janicke Askevold interroge ce que signifie être parent aujourd’hui. Et spoiler alert: il n’y a pas de réponse simple. Elle nous explique.Solomamma - Teaser ClipComment est né "Solomamma"?Honnêtement, mon intérêt pour le sujet est né à un moment où j’envisageais moi-même d’avoir un enfant seule. Je vis en France mais je voyais de plus en plus d’amies en Norvège choisir la maternité solo. Je trouvais ça fascinant: prendre en main son désir de famille au lieu d’attendre la "bonne personne". J’ai commencé à rencontrer des femmes partout en Norvège pour comprendre leurs motivations, leurs difficultés et ce qu’elles y trouvaient aussi de positif."Je vis en France mais je voyais de plus en plus d’amies en Norvège choisir la maternité solo. Je trouvais ça fascinant: prendre en main son désir de famille au lieu d’attendre la 'bonne personne'."Janicke Askevold RéalisatriceLe film donne aussi à voir une forme de communauté entre ces femmes…Oui, et ça m’a surprise. Il existe tout un réseau, principalement en ligne, où elles se soutiennent, partagent des conseils et parfois créent des liens très forts dans la vraie vie. Certaines élèvent leurs enfants ensemble, se soutiennent au quotidien. C’est d’ailleurs ce qui a inspiré la relation entre Edith et une autre mère dans le film.Vous vous basez ainsi sur des faits réels.L‘idée vient d’une amie qui avait accumulé tellement d’informations sur son donneur qu’elle a fini par le retrouver. Ils se sont rencontrés… et sont restés ensemble pendant un an. Je ne voulais pas raconter exactement cette histoire-là, mais ça m’a montré que ce genre de situation existe réellement.Lisa Loven Kongsli incarne Edith qui se demande si elle a été égoïste ou si elle a fait le bon choix en devenant "maman solo"...Edith passe de la curiosité à obsession face au donneur. Comment avez-vous travaillé cette frontière?C’est quelque chose qui revenait souvent chez les mères solos que j’ai rencontrées: cette peur de ne pas être suffisantes pour leur enfant. On les voit souvent comme courageuses, mais il y a aussi énormément d’insécurité derrière ce choix. Edith se demande si elle a été égoïste, si elle a fait le bon choix. Son obsession naît de là.Ce n’est donc pas seulement une quête sur le donneur…Non. Edith a aussi été abandonnée par son père quand elle était enfant. Elle se demande inconsciemment si elle n’a pas transmis ce traumatisme à son fils. Et puis il y a ce besoin de comprendre d’où viennent certaines caractéristiques chez lui.Lisa Loven Kongsli dans "Solomamma".Que vouliez-vous raconter sur le besoin de connaître ses origines?On parle beaucoup du parent social, et c’est essentiel, mais la biologie continue d’avoir un poids symbolique énorme. Même sans avoir connu quelqu’un, on peut retrouver des gestes, des comportements. Comprendre d’où l’on vient est quelque chose d’un peu animal."C’est quelque chose qui revenait souvent chez les mères solos que j’ai rencontrées: cette peur de ne pas être suffisantes pour leur enfant."Janicke Askevold RéalisatriceAujourd’hui, un parent biologique, social et génétique peut être trois personnes différentes. Avant, c’était généralement la même personne. Ça peut créer beaucoup de questions existentielles.On sent une volonté de redéfinir la famille, la maternité…Ce que va apprendre Edith, c’est qu’elle et son fils constituent déjà une famille complète. Car une famille peut prendre différentes formes. Ce qui compte, ce n’est pas sa structure mais l’investissement, l’amour et la présence.Les Arcs Film Festival | 17e édition | "SOLOMAMMA" avec Janicke ASKEVOLD et Lisa LOVEN KONGSLI