Bernard Crettaz n’était pas un chercheur académique. Pour autant, son empreinte est encore présente dans le champ des sciences sociales. Il a des héritiers parmi les universitaires. Dans ce dernier épisode consacré à M. Mort, j’en rencontre quelques-uns.Ces chercheurs continuent d’observer la manière dont nous, les humains, faisons avec nos trépassés et l’idée de notre propre finitude – projet sans date de péremption. Car vivre la mort, c’est aussi la penser, l’analyser, l'accueillir dans nos vies de mortels. Et ne pas seulement la considérer quand elle nous surprend et nous étreint douloureusement.Ces universitaires sont bien conscients de la difficulté de séduire les foules avec leurs macabres sujets de recherche. Je n’en ai pas vu à l’instar de Bernard Crettaz, animer des cafés mortels ou faire défiler des chars mortuaires lors d’une conférence, mais eux aussi n’ont de cesse de ramener leur objet de réflexion vers le concret, de trouver de nouvelles façons de communiquer avec le grand public, avec les professionnels du funéraire et de chercher des fonds pour leurs recherches. Il ne s’agit pas de rendre la mort attrayante, ce serait mal venu, mais disons, concernante et proche.
Avec Marc-Antoine Berthod







