Publié le 27 mai 2026 à 19:01. / Modifié le 27 mai 2026 à 19:16.

Cette semaine, je voulais initialement vous raconter ma nouvelle technique, drôle et diablement efficace, pour échapper aux flics véreux réclamant des pots-de-vin, après l’avoir éprouvée une fois de plus lors d’une sympathique virée dans l’oasis de Fayoum, à deux heures du Caire. Je trépignais de vous décrire les faux-semblants, le petit jeu de poker menteur, puis le changement soudain dans le regard des policiers, leur baroud d’honneur et enfin leur détresse muette. Ma foi, ce sera pour une autre fois.Car entre-temps, j’ai appris le décès de mon oncle tunisien, le frère de mon père, vaincu par un cancer du pancréas après plusieurs semaines d’hospitalisation. Non pas que je souhaite étaler ici l’étendue de ma peine, mais c’est l’occasion de vous raconter le fossé qui sépare le monde arabe de la Suisse dans la gestion de la maladie, puis de la mort.Et pour le coup, je parle en connaissance de cause. Il y a huit ans, mon père est lui aussi mort d’un cancer – se tuer à la tâche puis mourir subitement d’un cancer avant d’avoir pu profiter de la retraite semble être le lot des hommes Zaïbi. Puisqu’il souhaitait être enterré en Tunisie, nous avions dû gérer un nombre infini de complications administratives, logistiques et religieuses, le tout en moins de 48 heures, car l’islam exige un enterrement rapide.