Lors d’une manifestation de soutien aux victimes du chlordécone à Fort-de-France, le 28 octobre 2023. THOMAS THURAR/AFP

Près de quatre adultes sur cinq en Guadeloupe et en Martinique présentent des traces de chlordécone dans le sang, et environ un sur six dépasse le seuil de risque sanitaire, selon une étude de Santé publique France (SPF), publiée mercredi 24 juin. Elle confirme la persistance généralisée de ce pesticide, plus de trente ans après son interdiction aux Antilles.

La part d’adultes présentant du chlordécone détectable dans le sang atteint ainsi 81,3 % en Guadeloupe et 85,5 % en Martinique, selon l’étude Kannari 2, menée auprès de quelque 1 170 adultes en Guadeloupe et 1 150 en Martinique. En Guadeloupe, 14,3 % des adultes dépassent la valeur toxicologique de référence interne, fixée par l’Anses à 0,4 microgramme par litre, un taux qui atteint 18,7 % en Martinique. Ce seuil marque le niveau au-dessus duquel « le risque d’apparition d’effets sur la santé au sein de la population ne peut être exclu », précise SPF.

Lancée en 2024, l’étude Kannari 2 actualise un précédent travail de 2013-2014, qui établissait que plus de neuf Antillais sur dix étaient contaminés. Malgré une « légère amélioration », l’imprégnation « persiste à un niveau généralisé » chez les habitants des deux territoires, avec toutefois « de fortes disparités ».