Un manifestant réclame justice et réparation pour les victimes du chlordécone, à Fort-de-France (Martinique), le 28 octobre 2023. THOMAS THURAR/AFP

C’est la fin d’un long parcours parlementaire. Le Parlement a adopté, mardi 2 juin, une loi reconnaissant la « part de responsabilité » de l’Etat dans le scandale du chlordécone aux Antilles, où plus de 90 % de la population est contaminée, une « avancée » pour les parlementaires, bien que ne soit érigée qu’en « objectif » pour les pouvoirs publics.

Cet ultime vote unanime à l’Assemblée nationale (236 voix pour) est venu approuver définitivement cette proposition du député Elie Califer (Guadeloupe, groupe Parti socialiste). « Ce texte de compromis permettra de restaurer une confiance profondément abîmée », a lancé le député peu avant le vote dans l’hémicycle, estimant cependant qu’il « faut aller plus loin sur le chemin des réparations ».

Le chlordécone est un pesticide qui a été utilisé dans les bananeraies de la Guadeloupe et de la Martinique jusqu’en 1993 malgré des alertes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur sa dangerosité. « Le monde savait », a rappelé le député, et alors que plusieurs pays, dont les Etats-Unis, ont choisi de l’interdire, la France, elle, « a regardé ailleurs et décidé de sacrifier les Antilles ».