EconomieClimat et transitionsPolitique économiqueTech et transformationsEntreprisesMédiasEmploi - ManagementEconomie. Particulièrement touché par le réchauffement climatique et disposant d'une électricité de plus en plus décarbonée, le Vieux Continent n'a plus vraiment de raison d'hésiter. Publié le 22/06/2026 à 15:04Alors que la France traverse une nouvelle période de canicule, la climatisation est-elle devenue une solution incontournable ?BELPRESS/MAXPPPA chaque épisode de canicule, le même ballet se répète. Faute de trouver assez de refuges climatisés, les touristes de passage à Paris finissent à moitié vêtus dans les bassins et fontaines de la capitale. Derrière ces scènes pittoresques se cache une réalité bien moins amusante : la France, et l'Europe dans son ensemble, accuse un retard considérable sur les Etats-Unis et l'Asie en matière de climatisation. Le mot "raté" n'est pas trop fort. Outre-Atlantique, 90 % des foyers sont équipés, indépendamment du niveau de revenu. En Europe, cette proportion chute à 20 % en moyenne. Même si les perceptions évoluent et que la clim - réversible notamment - connaît un regain de popularité sur la période récente, un fossé persiste. Que rien ne justifie vraiment.Depuis les années 1980, le Vieux Continent se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale, rappelle un rapport récent de l'observatoire Copernicus. La raison tient à la géographie : l'Europe est proche de l'Arctique, où les températures grimpent trois à quatre fois plus rapidement qu'ailleurs sur le globe. S'y ajoute un dérèglement de la circulation atmosphérique, qui charrie toujours plus d'air chaud venu du Sud. Autant de raisons de se tourner sans complexe vers la technologie pour se rafraîchir.Or l'Europe dispose d'un atout de poids : une électricité de plus en plus décarbonée, portée par l'essor des renouvelables et la présence du nucléaire. Dans ce contexte, brancher la climatisation sur le réseau n'a rien d'une faute morale. Le solaire est même, par nature, l'allié de la climatisation : quand il fait chaud, il brille souvent aussi et peut générer de l'énergie. Certaines régions australiennes en tirent déjà parti. Aux alentours de midi, l'électricité y est gratuite, en raison d’une production photovoltaïque abondante, ce qui permet aux habitants de refroidir gratuitement leur logement au moment où ils en ont le plus besoin, avant de laisser la température remonter en fin de journée. Rien n'empêche, en théorie, ce modèle de s'exporter en Europe. “Les Européens devraient apprendre à aimer la climatisation”, titrait récemment The Economist. Pas seulement pour des raisons de confort ou de santé : la climatisation est aussi un levier de productivité. Quand le thermomètre s'emballe sans possibilité de répit, les salariés perdent en efficacité - qu'ils travaillent dans un centre d'appels, une brigade de restaurant ou depuis leur domicile. Un détail qui ne devrait pas être négligé à l'heure où l'Europe affiche un retard de croissance préoccupant face au reste du monde.
Canicule : le retard coupable de l'Europe sur la climatisation
Particulièrement touché par le réchauffement climatique et disposant d'une électricité de plus en plus décarbonée, le Vieux Continent n'a plus vraiment de raison d'hésiter.













