En 1993, La Florida attirait 246 000 personnes dans les cinémas du Québec, un succès majeur qui a d’ailleurs valu au film de George Mihalka la Bobine d’or de la production canadienne ayant enregistré le plus grand nombre d’entrées cette année-là (on parle de 1,64 million de dollars). Trente-trois ans plus tard, le caractère culte du long métrage est en quelque sorte confirmé par une adaptation théâtrale produite par Juste pour rire, mise en scène par Charles Dauphinais et présentée tout l’été au théâtre du Vieux-Terrebonne avant de partir en tournée partout au Québec.Un beau jour de juin où la température avoisine les 31 °C, on retrouve les deux têtes d’affiche de La Florida, Anne-Élisabeth Bossé et Louis Champagne, dans une salle de répétition heureusement climatisée. Juste avant de procéder à un enchaînement de la pièce avec leurs collègues, les deux interprètes se remémorent le moment où ils ont découvert le film scénarisé par Suzette Couture et Pierre Sarrazin. « En 1993, j’avais 9 ans, lance Bossé. J’ai vu le film à cet âge-là, avec mes parents, et je ne l’ai pas revu depuis, en tout cas pas au complet. J’aimais mieux ne pas le visionner avant de commencer les répétitions, pour être certaine de ne pas imiter la formidable Pauline Lapointe. »« En 1993, j’étais dans ma dernière année à l’École nationale de théâtre, explique Champagne. Je ne pense pas avoir vu le film à ce moment-là. J’ai dû le voir en vidéo, plus tard. Quoi qu’il en soit, quand on m’a proposé le rôle, j’ai lu la pièce et j’ai écouté le film. Tout de suite, j’ai vu apparaître une sorte de Polaroïd des années 1990. » Le comédien, qui tenait dans la version théâtrale des Boys le rôle défendu à l’écran par Pierre Lebeau, s’apprête maintenant à endosser un rôle créé par Rémy Girard. « J’arrive à un âge où on me demande de reprendre des rôles immortalisés par des acteurs qui ont été des mentors pour moi. Ça vient avec un certain stress, mais si on me confie ces personnages-là, c’est qu’on pense que j’ai ce qu’il faut pour les défendre. »