Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Intelligence artificielle Intelligence artificielle Intelligence artificielle Tribune Alexandre Lazarègue Avocat La réussite des Etats-Unis ne repose pas seulement sur la loi du marché mais vient de plusieurs révolutions technologiques que les Européens n’ont pas su déployer massivement, constate, dans une tribune au « Monde », l’avocat Alexandre Lazarègue. Publié aujourd’hui à 17h00 Temps de Lecture 2 min. Article réservé aux abonnés En interdisant à Anthropic de commercialiser ses modèles les plus avancés à l’étranger, les Etats-Unis illustrent ce que signifie concrètement la dépendance technologique : la capacité, pour celui qui maîtrise la technologie, d’en contrôler l’accès. Les réactions politiques suscitées en Europe par cette décision sont paradoxales. Car derrière le cas Anthropic se mesure avant tout la dépendance issue du renoncement progressif à l’ambition industrielle et technologique européenne. La décision américaine visant Anthropic ne constitue d’ailleurs pas une rupture. Les Etats-Unis avaient déjà limité l’accès de Huawei à certaines technologies essentielles dans le domaine des semi-conducteurs, composants indispensables au fonctionnement de l’ensemble de l’économie numérique. L’affaire Anthropic étend cette logique à l’intelligence artificielle (IA). La capacité de certains modèles d’IA à accélérer la recherche, à automatiser certaines fonctions intellectuelles et à améliorer la prise de décision explique qu’ils soient désormais regardés comme des actifs stratégiques. Par cette décision, les Etats-Unis récoltent les fruits de l’avance acquise après plusieurs décennies d’investissements, de choix industriels et de paris technologiques que l’Europe n’a pas su engager à la même échelle. Pour l’Europe, cet épisode devrait agir comme un électrochoc. Il met en lumière le coût de choix politiques et industriels qui ont laissé le continent à l’écart des grandes révolutions technologiques récentes et impose désormais de transformer les discours sur la souveraineté numérique en une véritable stratégie industrielle Derrière les succès de Google, d’OpenAI ou d’Anthropic se trouve un écosystème construit sur plusieurs décennies : des universités d’excellence recrutant les meilleurs ingénieurs du monde, des financements privés massifs et des interventions publiques déterminantes. Internet est né de programmes financés par la défense américaine. Les semi-conducteurs ont bénéficié de commandes publiques garantissant des investissements continus. Aujourd’hui encore, les contrats fédéraux jouent un rôle majeur dans le développement des grands modèles de langage. Il vous reste 50.85% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
IA : « L’Europe doit transformer les discours sur la souveraineté numérique en une véritable stratégie industrielle »
TRIBUNE. La réussite des Etats-Unis ne repose pas seulement sur la loi du marché mais vient de plusieurs révolutions technologiques que les Européens n’ont pas su déployer massivement, constate, dans une tribune au « Monde », l’avocat Alexandre Lazarègue.
Les USA bloquent l'export des modèles IA d'Anthropic, contrôlant l'accès à la tech strategica et révélant la dépendance européenne. Pour les CTO, signal critique : l'Europe doit traduire la souveraineté numérique en vraie stratégie industrielle, pas juste en discours.











