Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Économie Économie Économie La chronique de Thomas Piketty La chronique de Thomas Piketty La chronique de Thomas Piketty Chronique Thomas Piketty Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Ecole d’économie de Paris En vue de la campagne présidentielle de 2027, les partis de gauche peuvent s’inspirer de l’ISN de 1945 pour demander à la nation de taxer les plus fortunés, propose, dans sa chronique au « Monde », l’économiste, qui juge possible de mobiliser jusqu’à 800 milliards d’euros. Publié aujourd’hui à 05h00 Temps de Lecture 3 min. Read in English Article réservé aux abonnés La France va faire des choix politiques décisifs dans l’année qui vient. D’un côté, une droite nationaliste en plein essor, de plus en plus proche des milieux d’affaires, et qui entend arriver au pouvoir en stigmatisant l’immigration et les étrangers. Dans sa besace, des référendums antimigrants permettant de « redonner la parole au peuple ». Face à cela, la gauche tergiverse, hésite, se divise, bégaie. Pour clarifier ses positions et unir ses forces, la gauche doit proposer l’adoption par référendum d’un impôt de solidarité nationale pesant sur les milliardaires et centimillionnaires. Compte tenu de l’état du débat et de l’ampleur des enjeux, c’est la meilleure façon de trancher la question. La droite veut rendre la parole au peuple sur l’identité et l’immigration. La gauche doit faire de même, mais en se plaçant sur le terrain de la solidarité et de la justice. Et en montrant au passage que le discours antimigrants du Rassemblement national n’est qu’un faux nez visant à détourner la colère sociale et à défendre les plus riches. Une telle proposition permettrait de clarifier les choix en présence et de placer la question démocratique au cœur de la présidentielle. Aucun référendum n’a eu lieu en France depuis 2005. La crise des « gilets jaunes » aurait dû être l’occasion d’organiser un véritable référendum d’initiative citoyenne. Rien n’a été fait. Il est temps aujourd’hui de faire confiance aux citoyens et de leur redonner la parole sur un sujet qui est au cœur de l’histoire du pays depuis 1789 : l’égalité et la fin des privilèges. Le texte soumis à référendum pourrait s’inspirer de l’impôt de solidarité nationale (ISN) adopté par l’ordonnance du 15 août 1945. L’ISN comportait deux composantes : d’une part, un impôt sur les plus hauts patrimoines détenus en 1945, avec un taux montant jusqu’à 20 % sur les plus grandes fortunes ; et, d’autre part, une contribution exceptionnelle sur l’enrichissement constaté entre 1938 et 1945, avec un taux s’élevant à 100 % pour les hausses de patrimoine les plus importantes. Il vous reste 66.24% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Thomas Piketty : « Pour clarifier ses positions et unir ses forces, la gauche doit proposer l’adoption par référendum d’un impôt de solidarité nationale »
CHRONIQUE. En vue de la campagne présidentielle de 2027, les partis de gauche peuvent s’inspirer de l’ISN de 1945 pour demander à la nation de taxer les plus fortunés, propose, dans sa chronique au « Monde », l’économiste, qui juge possible de mobiliser jusqu’à 800 milliards d’euros.










