Temps de Lecture 14 min.

Article réservé aux abonnés

RécitC’était l’époque des ballons lacés et des crampons cloués à la semelle. Celle des pionniers du football, dont a fait partie l’aïeul de Valentine Faure, journaliste au « Monde ». Bon dribbleur, Marcel Pinel était l’un des joueurs sélectionnés pour le premier Mondial de l’histoire, en Uruguay, en 1930.

Un jour de juin 2021, je trouvais sur Twitter (devenu X) un message privé d’un certain @1930WorldCup. James Brown de son vrai nom, historien amateur du football, était à la recherche de descendants des joueurs des 13 équipes de la toute première Coupe du Monde, en 1930, à Montevideo. Etais-je bien la petite-fille de Marcel Pinel, milieu de terrain de l’équipe de France ? James, qui endosse avec fierté son surnom de « Sherlock Holmes du football », traque les réseaux, les registres généalogiques. Il voyage partout, en Serbie, en Bolivie, en Argentine, pour retrouver ces descendants parfois lointains, dont certains ignorent tout des exploits sportifs de leur aïeul. Son propre grand-père était attaquant de l’équipe américaine.

Il est, comme moi, de ceux à qui chaque nouvelle Coupe du monde évoque surtout des souvenirs en noir et blanc d’une époque depuis longtemps engloutie. « Bien sûr nous pouvons discuter, mais je n’ai pas connu mon grand-père. Ma mère vous serait plus utile », lui avais-je répondu. Elle-même avait perdu ce père adoré à l’âge de 18 ans. En réalité, c’est James qui avait beaucoup à nous apprendre sur cette première Coupe du monde, et allait m’aider à reconstituer un petit fragment de cette épopée sportive d’un autre temps.