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RécitPhedra Boulin, 52 ans, a été violée à Paris, en 2021, par des dealeurs de crack, substance dont elle était consommatrice. Des juges ont divisé par deux l’indemnisation à laquelle elle pouvait prétendre, au nom d’un article du code de procédure pénale, la « faute de la victime ». Cette femme à la vie cabossée, petite-fille du ministre Robert Boulin, a fait appel.

A l’angle de la rue de Crimée et des quais du bassin de la Villette, dans le 19e arrondissement de Paris, la sanisette – le nom que l’on donne aux toilettes publiques de la capitale – a été refaite. Mais, en 2021, lorsque Phedra Boulin fréquente ce quartier connu comme étant, le soir venu, celui des consommateurs de crack, la porte d’entrée en est cassée, à moitié ouverte, barrée par des morceaux de bois. Des détritus jonchent le sol, de l’urine y colle. L’hygiène y est déplorable. « Une partie du plafond tombe dans la cabine », noteront les policiers qui saisiront, sur les lieux, un préservatif usagé. Phedra Boulin, 47 ans à l’époque, relève quant à elle « l’odeur ». Souvenir immonde et impérissable qu’elle conserve, cinq ans plus tard, du théâtre de son viol, en mai 2021.