Starbucks ferme ses cafés dès 15 heures le 22 juin en Corée du Sud pour dispenser un cours d’histoire à tous ses employés, après la polémique à la suite de l’organisation d’un « Tank Day » le jour anniversaire du massacre de Gwangju en 1980.Tous les établissements Starbucks du pays seront fermés au public. Chung Yong-jin, le patron du groupe Shinsegae qui exploite la marque en Corée du Sud, a annoncé ce lundi 15 juin qu’il suivrait prochainement un cours d’histoire aux côtés de tous les dirigeants et employés de la chaîne. Une décision prise après la polémique qui a éclaté à la suite d’une opération de l’enseigne prévue le jour anniversaire de la commémoration d’une répression sanglante de manifestants survenue en 1980.Selon l’agence Yonhap, ce cours aura lieu le lundi 22 juin, et aura pour conséquence la fermeture anticipée de tous les cafés Starbucks à travers le pays dès 15 heures. Le même enseignement sera imposé au dirigeant du groupe ainsi qu’aux cadres de la direction, en amont d’une réunion prévue le 24 juin. Le cours consistera à renforcer la connaissance des événements historiques des participants, ainsi que leur prise en compte des sensibilités qu’ils peuvent générer dans la société.Une opération promotionnelle liée à un événement qui a causé la mort de plus de 500 personnesLa polémique avait démarré lorsque la chaîne de cafés avait présenté le 18 mai comme le « Tank Day » afin de faire la publicité de l’un de ses gobelets réutilisables. Mais cet intitulé a rapidement suscité une vive indignation dans le pays, car il évoque les véhicules militaires utilisés contre les manifestants à Gwangju, et ce, le jour même du 46e anniversaire du soulèvement.Les manifestations de 1980, un moment charnière dans la lutte de la Corée du Sud pour la démocratie, ont vu étudiants et citoyens se soulever contre le régime militaire, avant que l’armée n’écrase violemment le mouvement en l’espace de dix jours. Les chiffres officiels font état de 165 civils tués lors de la répression, 65 personnes portées disparues et 376 autres décédées ultérieurement de leurs blessures, mais le bilan réel pourrait être plus élevé. Moins de 24 heures après le début de la polémique, Son Jung-hyun, directeur de Starbucks Corée, a été démis de ses fonctions.