Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, veut trouver un meilleur « équilibre entre les mesures coercitives et les actions incitatives » visant à renforcer la protection de la langue française. Pour y arriver, il compte s’appuyer sur le nouveau Plan pour la langue française du PLQ, dévoilé mardi après-midi.« Il y a unanimité au sein du caucus avec ce plan », a-t-il souligné, flanqué des élus Madwa-Nika Cadet (Bourassa-Sauvé), Gregory Kelley (Jacques-Cartier) et André A. Morin (Acadie), lors d’une conférence de presse dans la Librairie de Verdun, à Montréal.Un gouvernement libéral ferait notamment passer le délai avant de communiquer uniquement en français avec les nouveaux arrivants de 6 mois à 2 ans. M. Milliard juge que le délai actuel est « déraisonnable et irréaliste » compte tenu du temps d’attente nécessaire avant d’avoir accès à des cours de francisation à temps complet.Son plan propose également de réduire le fardeau réglementaire imposé aux entreprises et aux municipalités en lien avec l’application des dispositions de protection du français. Le chef libéral dit vouloir assouplir les exigences administratives nécessaires pour une entreprise cherchant à embaucher une personne maîtrisant l’anglais afin qu’elles soient « réalistes dans un contexte entrepreneurial ».Du côté des municipalités, M. Milliard a qualifié de « paperasse en folie » les demandes que le gouvernement leur impose. « Désormais, une ville qui achète un siphon pour déboucher une toilette à la quincaillerie du coin devra vérifier si celle-ci est en règle avec ses obligations linguistiques », a-t-il illustré. « Ça ne fait pas du tout avancer le français dans aucune ville du Québec. Ça fait avancer la paperasse et la bureaucratie », a-t-il déploré. Il promet de corriger cette « aberration » si le PLQ remporte les prochaines élections générales, le 5 octobre.En matière d’enseignement collégial, le chef libéral abandonnerait les dispositions visant à réduire progressivement le nombre de places disponibles dans les cégeps anglophones. Il promet néanmoins de conserver la proportion actuelle d’inscription dans les cégeps francophones (85 %) et anglophones (15 %). Charles Milliard affirme vouloir trouver un « point d’équilibre » entre le libre choix des individus, la vitalité des institutions anglophones et les inquiétudes de la population francophone quant au déclin du français. « Moi je refuse l’idée que des études dans le réseau collégial en anglais font d’un francophone, un anglophone », a-t-il déclaré.Il s’engage à conserver les dispositions visant à accroître la place du français dans les établissements collégiaux, notamment en maintenant « les cours additionnels de français ou en français » et « l’obligation de réussir l’épreuve uniforme de français » pour les étudiants n’ayant pas fait leurs études secondaires en anglais.Le chef du PLQ a également souligné la nécessité de « tendre la main » aux commissions scolaires anglophones dans le but de pouvoir arriver à un accord afin de mettre fin aux procédures judiciaires en cours. Il s’est aussi engagé à exempter les Premières nations et les Inuits des dispositions de la Charte québécoise de la langue française « qui entrent en conflit avec leurs droits ancestraux ».Charles Milliard a affirmé qu’une fois ces modifications à la Charte de la langue française apportées, il « n’hésitera pas » à utiliser la clause dérogatoire de manière préventive afin de la protéger face à d’éventuelles contestations devant les tribunaux. « Il n’y a pas de faux-fuyants là-dessus, c’est très clair. Mais on ne va pas utiliser la clause à tout vent comme l’a fait la CAQ. »