Les critiques caquistes n’ont pas tardé à la suite du dévoilement du plan du Parti libéral du Québec (PLQ) en matière de protection du français. Plusieurs membres du gouvernement ont fortement condamné mercredi avant-midi les propositions présentées par le chef du PLQ, Charles Milliard, la veille.« Ce plan-là est complètement ridicule. Ils n’ont aucune mesure pour inverser la tendance », a déclaré le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, à sa sortie du conseil des ministres. « Ce n’est pas avec des demi-mesures que le Parti libéral du Québec va retrouver une crédibilité en termes de protection de la langue » française, a-t-il ajouté.« C’est terrible », a résumé le ministre de la Langue française, Jean-François Roberge, en mêlée de presse. Les libéraux « essaient de faire oublier qu’ils sont contre la clause dérogatoire » et « qu’ils veulent qu’on recule sur le français dans les cégeps », a-t-il poursuivi. Le ministre Roberge reproche notamment au Parti libéral de s’opposer à l’extension de la Charte de la langue française aux formations générales et professionnelles pour les adultes. Il critique également la volonté du PLQ de mettre fin aux dispositions visant à réduire le nombre d’inscriptions dans les cégeps anglophones.Pour rappel, Charles Milliard a présenté mardi son plan de protection de la langue française. S’appuyant sur des investissements de 380 millions de dollars sur quatre ans, le plan dit vouloir trouver un meilleur « équilibre entre les mesures coercitives et les actions incitatives ». Il soulignait notamment la nécessité de réduire le temps d’attente avant d’avoir accès à des cours de francisation à temps complet de 18 à 6 semaines et d’un « changement de ton » de la part de l’Office québécois de la langue française (OQLF).Il prévoyait également plusieurs réformes de la Charte de la langue française, notamment une modification du délai avant de communiquer uniquement en français avec les immigrants de 6 mois à 2 ans, un allègement du fardeau réglementaire pour les entreprises et les municipalités, ainsi que le maintien de la proportion actuelle d’inscription dans les cégeps francophones (85 %) et anglophones (15 %). Le chef libéral s’est également dit ouvert à l’utilisation de la clause dérogatoire pour protéger la Charte après ces modifications… si les juristes de l’État le recommandent.D’autres détails suivront.
Le gouvernement fustige des «demi-mesures» dans le plan du PLQ pour la protection du français
Le ministre Jean-François Roberge reproche notamment aux libéraux de vouloir «reculer sur le français dans les cégeps».






