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Reportage« Le Monde » a pu accéder à la zone d’attente qui jouxte les pistes de l’aéroport parisien, trois jours après l’entrée en application du texte européen qui impose notamment une nouvelle procédure de traitement des demandes d’asile à la frontière.

Beaucoup de tâtonnements et une désorganisation certaine. C’est ce que l’on observe alors que le pacte européen sur la migration et l’asile est entré en application vendredi 12 juin et qu’une de ses dispositions phares – la nouvelle procédure de traitement des demandes d’asile à la frontière – peine à se déployer. Selon les éléments confiés au Monde par des effectifs de la police aux frontières, au moins 11 personnes se sont présentées depuis le 12 juin à l’aéroport Roissy - Charles-de-Gaulle – la principale frontière extérieure à l’Union européenne en France – en manifestant leur volonté d’obtenir une protection internationale.

Aucune n’a fait l’objet d’un enregistrement de sa demande et six ont rapidement été remises en liberté par un juge de la liberté et de la détention (pour des vices de forme), notamment une Russe transgenre craignant des mauvais traitements dans son pays et qui a été libérée le 15 juin, car le juge a constaté qu’elle n’avait pas été « mise en mesure de comprendre » ses droits dans sa langue maternelle. « Le pacte organise une procédure d’urgence garantissant le bon déroulement de la procédure d’asile, mais l’accès aux droits n’est pas effectif », déplore son avocate, Saïma Rasool.