Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres Romans francophones Romans francophones Romans francophones L’écrivain allemand poursuit sa singulière histoire du Liban, patrie de son père, dans ce roman qui évoque l’éphémère programme spatial du pays du Cèdre, dans les années 1960. Article réservé aux abonnés « Le Talisman perdu d’Anoush » (Frau im Mond), de Pierre Jarawan, traduit de l’allemand par Nicolas Véron, éd. Héloïse d’Ormesson, 464 p. 23 €., numérique 16 €. Une fusée, un tapis et une basse continue. Ce qui ressemble à un bref inventaire à la Prévert reflète, par son hétérogénéité même, la singularité et la richesse du Talisman perdu d’Anoush, de Pierre Jarawan, roman enchanteur qui propulse dans l’imaginaire et ne cesse de ramener à la réalité : celle d’une famille libanaise émigrée depuis plusieurs générations au Canada. Une fusée, parce que le livre est construit comme un projectile à trois étages correspondant aux trois parties du roman, lui-même divisé en chapitres inversés comme dans un compte à rebours. Un tapis, parce qu’il entrelace des fils de multiples couleurs : le monde du cinéma, la guerre civile au Liban, le génocide arménien, la course à l’espace. Une basse continue, enfin, parce que le récit est centré sur la figure de la grand-mère, Anoush, d’origine arménienne, morte depuis longtemps, mais qui reste une source de mystère. Pierre Jarawan, né en 1985, en Jordanie, d’un père libanais et d’une mère allemande, écrit en allemand, rejoignant ainsi les jeunes écrivains de talent nés après 1980 hors des frontières de l’Allemagne, mais qui ont fait de l’allemand leur langue d’élection – comme Nino Haratischwili, venue de Géorgie, Olga Grjasnowa, d’Azerbaïdjan, ou Sasha Marianna Salzmann, de Russie, qui tous renouvellent et enrichissent la littérature allemande en explorant de nouveaux horizons. Après Tant qu’il y aura des cèdres et Un chant pour les disparus (éd. Héloïse d’Ormesson, 2020 et 2021), Jarawan poursuit son histoire du Liban sans jamais profiter du sillage et du succès des livres précédents. Ici, il opère un décentrement dans la vision de son pays en s’appuyant sur le langage cinématographique, avec ses possibles et impossibles transpositions dans la littérature. La narratrice, Lilit, est une jeune cinéaste d’origine libanaise née à Montréal, au Canada, qui retourne au « pays du Levant » sur les traces de sa grand-mère et de son grand-père, qui fut l’un des pionniers de l’aventure spatiale libanaise. Il vous reste 40.24% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Avec « Le Talisman perdu d’Anoush », Pierre Jarawan offre un livre étincelant sur le Liban au prisme de la diaspora
L’écrivain allemand poursuit sa singulière histoire du Liban, patrie de son père, dans ce roman qui évoque l’éphémère programme spatial du pays du Cèdre, dans les années 1960.







