Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Cuba Cuba Cuba Tribune Vincent Bloch Sociologue Le sociologue Vincent Bloch analyse, dans une tribune au « Monde », les logiques derrière la prédation économique et politique qu’affiche l’administration américaine vis-à-vis du régime cubain. Publié le 16 juin 2026 à 10h45 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Depuis la fin de la guerre froide, les stratégies adoptées par l’administration américaine pour provoquer un changement politique à Cuba varient au gré de l’alternance entre républicains et démocrates. Les premiers ont tenté de couper les vivres au régime, gageant que la faillite de l’Etat finirait par provoquer une explosion sociale ou, à tout le moins, par contraindre le gouvernement à engager des réformes d’envergure. Les seconds ont misé sur un allégement des sanctions afin de donner à la société civile – érigée en vecteur de la propagation démocratique – la capacité d’agir. L’échec de ces stratégies a montré les limites des théories de la transition démocratique utilisées pour décrire les changements de régime en Amérique latine et au sein de l’ancien bloc soviétique. En attribuant une fonction déterminante au démantèlement du système institutionnel, les tenants de l’approche dite « constitutionnaliste » ont négligé le rôle des règles vernaculaires. En faisant de l’autonomisation des citoyens et du combat idéologique les clés du changement, les tenants de l’approche « par le bas » n’ont pas pris la mesure de la capacité de renouvellement des dispositifs institutionnels. Profitant de l’effondrement, ces dernières années, des prestations jadis partiellement assurées par l’Etat cubain, l’administration Trump entend lui donner l’estocade, en asséchant les flux financiers contrôlés par Gaesa, le conglomérat de l’armée cubaine. A l’entendre, Donald Trump « [prendra] Cuba » soit par la force, soit par l’usure, en récoltant le fruit mûr, c’est-à-dire l’« Etat failli ». Circuits financiers opaques Le problème est que le régime cubain s’est transformé en un réseau patrimonial globalisé au sein duquel le parti unique conserve son rôle régulateur. S’il n’a renoncé ni à la contrainte idéologique ni à l’application arbitraire des normes juridiques, ses dirigeants cherchent moins, dorénavant, à perpétuer leur légitimité symbolique qu’ils n’hésitent à réprimer à tout-va la population et à la pousser à partir. Tirant parti de la possibilité de se rendre au Nicaragua sans visa, les Cubains ont, entre 2021 et 2024, émigré à un rythme sans précédent depuis 1959 [année de la révolution castriste]. Il vous reste 66.71% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Donald Trump pense prendre Cuba par la force ou l’usure, mais oublie que le parti unique conserve son rôle régulateur »
TRIBUNE. Le sociologue Vincent Bloch analyse, dans une tribune au « Monde », les logiques derrière la prédation économique et politique qu’affiche l’administration américaine vis-à-vis du régime cubain.










