Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Cuba Cuba Cuba Chronique Gilles Paris Editorialiste au « Monde » L’impasse stratégique sur laquelle a débouché la démonstration de force américano-israélienne, en dépit des coups dévastateurs portés au régime iranien, devrait ramener prochainement Cuba dans la ligne de mire du locataire de la Maison Blanche, analyse, dans sa chronique, Gilles Paris, éditorialiste au « Monde ». Publié aujourd’hui à 05h00, modifié à 10h10 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Personne ne donnait cher du régime au pouvoir à Cuba au lendemain du kidnapping, à Caracas, par les Etats-Unis, dans la nuit du 2 au 3 janvier, de l’homme fort du Venezuela, Nicolas Maduro. Privé brutalement par la suite de la ligne de vie énergétique que lui garantissait l’héritier du chavisme, ce régime apparaissait comme un domino voué à tomber du fait du recours totalement désinhibé de Donald Trump à la force. Puis le président des Etats-Unis s’est égaré dans son « excursion » iranienne. L’impasse stratégique sur laquelle a débouché la démonstration de force américano-israélienne, en dépit des coups dévastateurs portés au régime iranien, devrait en toute logique ramener prochainement Cuba dans la ligne de mire du locataire de la Maison Blanche. L’envoi à proximité du porte-avions Nimitz l’annonce déjà. Plus de cinq mois après le coup de force au Venezuela, une partie des conditions requises pour une chute du régime cubain, vestige de la guerre froide, est toujours d’actualité. Il s’agit notamment de faiblesses externes. Elles vont de l’absence de soutien diplomatique effectif, russe ou chinois, aux profondes divisions sud-américaines en passant par le blocus énergétique organisé depuis le 29 janvier par les Etats-Unis, qui s’ajoute à l’embargo imposé depuis 1962 par Washington. Ce régime croule également sous le poids de son bilan, que l’embargo américain ne peut entièrement expliquer. Pendant la « période spéciale » qui avait suivi l’effondrement de l’URSS, en 1991, et entraîné un premier choc systémique avant le rapprochement avec Caracas, la population cubaine avait fait le dos rond. Trente ans plus tard, les black-out à répétition ne peuvent que nourrir le rejet d’un système communiste prédateur. Inéluctable pour Trump Il est incarné par le conglomérat lié à l’armée, le Groupe d’administration d’entreprises SA, qui a la haute main sur les pans les plus profitables de l’économie du pays alors que continue de planer l’ombre de Raul Castro, bientôt 95 ans, inculpé opportunément, le 20 mai, par la justice américaine pour une affaire vieille de trente ans. S’il faut trouver un indice du rejet que la dictature cubaine inspire, l’exode silencieux d’un dixième de la population depuis 2021, date des dernières grandes manifestations antigouvernementales, sévèrement réprimées, suffit amplement. Il vous reste 61.08% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.