Né dans l’ennui ressenti durant la pandémie, le projet ambient Jardin botanique — à l’affiche du festival Suoni per il Popolo vendredi — demeure une échappatoire, aussi nécessaire en cette « époque surstimulée ». « Je trouve quelque chose de réconfortant à se plonger dans ce genre musical qui respire, qui crée son propre espace », perçoit la compositrice Kate Bundy, doctorante en philosophie de l’Université McGill, qui forme le duo avec son conjoint, Jean-Guillaume Bastien, cinéaste indépendant.On veut croire que le festival Suoni per il Popolo (« le son du peuple ») a pensé ce programme présenté à la Casa del Popolo comme une trousse de premiers soins mentaux, une soirée où l’on peut s’extraire du monde et se réfugier dans des grooves apaisants : les pulsions vitales du percussionniste new-yorkais d’origine indienne Ravish Momin (Sunken Cages) et d’Abdul Lateef, les grandes respirations harmoniques de la Montréalaise Haji Maa (Secondsight). Pour sa part, Jardin botanique présentera le matériel d’Isthmus, une douceur d’album, enregistré en collaboration avec le multi-instrumentiste américain John Kiran Fernandes, basé à Athens, dans l’État de la Géorgie.Presque 2600 kilomètres séparent Amqui, d’où est originaire Jean-Guillaume, et Athens, « une grosse ville de musique », soutient Jean-Guillaume en évoquant tant R.E.M. que le collectif Elephant 6 (Of Montreal, Neutral Milk Hotel, The Olivia Tremor Control), dont John Fernandes est l’un des piliers et avec lequel Kate a fait ses premiers pas dans la création musicale.