L’annonce d’une entente entre l’Iran et les États-Unis qui contient la réouverture du détroit d’Ormuz a permis au marché pétrolier d’entrevoir un peu de répit, se traduisant par une baisse du prix du baril de pétrole lundi. Mais une telle opération ne se conclura pas de sitôt et les effets sur le portefeuille seront loin d’être immédiat, préviennent des experts interrogés par Le Devoir.« Avant que le système ne reprenne une certaine forme de fluidité du trafic maritime, ça va prendre des mois », décortique Claude Comtois, professeur de géographie à l’Université de Montréal et spécialiste de l’industrie maritime. « En ce moment, il y a des navires qui sont en attente pour pouvoir décharger leur marchandise, d’autres sont en attente pour être chargés », poursuit-il en mentionnant qu’il y a déjà « plus de deux mois de retard à rattraper ».Et tous ces navires — des porte-conteneurs, des pétroliers ou des transporteurs de diverses marchandises — ne pourront circuler en même temps sur le détroit d’Ormuz, qui est « très étroit », rappelle M. Comtois. « Il y a une façon de circuler pour assurer la sécurité et la sûreté de navigation. Est-ce qu’ils vont naviguer de nuit ? Permettez-moi d’en douter. »Mais simplement rétablir l’accès au détroit n’est pas suffisant pour garantir une circulation : il faut aussi que les navires aient confiance en l’entente, mentionne Yvan Cliche, spécialiste en énergie au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal. « Dans les premiers temps, les prix des assurances vont être élevés. Si la confiance se cimente et que le ciel s’éclaircit, peut-être que les assureurs vont baisser leurs prix, mais c’est clair qu’au début on va être très attentif. Il y a une confiance à rebâtir. »« En plus, on ne sait pas combien de temps va tenir cet accord avec l’Iran. Ça pourrait être rompu dans les 48 prochaines heures », renchérit Claude Comtois en notant lui aussi que la prudence sera de mise.
Une lente réouverture du détroit d’Ormuz sans réel retour à la normale
Les prix du pétrole ne baisseront pas de sitôt, la faute à la complexité de l’opération et à l’instabilité.
Accord Iran-États-Unis rouvre le détroit d'Ormuz : 2+ mois de retard, 2 ans de reconstruction portuaire, Iran démontre pouvoir de blocage géopolitique. Manager tech : énergie chère jusqu'à fin 2026 (datacenter/cloud affectés), urgence de diversifier supply chain face risques géopolitiques.












