Ça jappe en arrière-plan sonore de l’appel téléphonique. Mais ce n’est pas l’animal de Luan Larobina qui se fait entendre : la musicienne est au parc à chiens, alors… ça jappe. On prend des nouvelles de sa fidèle Alma, discrète pendant l’entrevue, car on a l’impression de connaître cette charmante bête beige et blanche. La musicienne nous l’a présentée dans son portrait vidéo diffusé à chacun des trois tours des Francouvertes, l’important concours-vitrine que Luan Larobina a fini par gagner ce printemps grâce à ses chansons folk aux racines gaspésiennes mais imbibées de ses racines latines.Alors, Alma, elle va ? « Toute cette joie-là, cette naïveté-là que le chien m’apporte, ça me fait vraiment du bien avec ce tourbillon, l’anxiété et tout. » Malgré son sourire généreux, son débit calme et ses gestes lents, Luan Larobina est en effet un peu étourdie par ces beaux événements. Il y a donc cette victoire aux Francouvertes en mai, qui a été précédée quelques semaines avant du prix du jury du Cabaret Festif !, autre récompense suivie dans le milieu musical. Elle vient de signer chez l’étiquette Bonsound (Philippe B, Les Louanges, Elisapie) et a fait paraître un nouvel extrait, la magnifique Voz de mi vida, un hybride entre le Buena Vista Social Club et Lhasa de Sela. Et que dire de son calendrier estival, rempli de festivals.Ça fait beaucoup de bouchées à prendre en peu de temps, on le concède. Elle précise tout de suite : « c’est un privilège ! ». Tout de même : « C’est facile de s’inscrire à des concours, mais je ne m’étais jamais imaginé me rendre en finale de ces deux-là. Je me suis sentie mettre la main dans un engrenage qui finalement n’arrêtait pas de finir. »Racines latino-gaspésiennesLa voici sous la lumière, Luan Larobina, déjà forte de deux microalbums, dont le dernier, CASA, a été réalisé par Cédrik St-Onge, dont on reconnaît le doux écrin sonore. La jeune autrice-compositrice-interprète de 25 ans s’intéresse à son territoire gaspésien comme Desjardins à l’Abitibi, tout en explorant les relations humaines. Elle est capable de faire résonner des phrases comme « le crâbe va ‘arsoude » dans une bossa (En bas chenous), tout comme elle sait chanter « mes joues se fabriquent un estuaire » dans une pièce indie-folk chaloupée bien de son temps (Pointe-Saint-Pierre).
Une bouchée à la fois pour Luan Larobina
La gagnante des Francouvertes et du Cabaret Festif! commence son été chargé avec les Francos.
Luan Larobina remporte les Francouvertes et le Cabaret Festif, signe chez Bonsound; "Voz de mi vida" mélange folk québécois et influences latino-américaines. Artiste consciente du trend de talent hybridentaire et de carrière plurielle—modèle de diversité et de sens pertinent pour tech leadership.








