Publié le 14/06/2026 16:13

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L'actrice Alice Taglioni s'essaye à la chanson et la composition avec l'album "ADN". Elle est l'invitée culture de franceinfo, samedi 14 juin.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.Isabelle Layer : On la connaît et on l'aime comme actrice. Et vous allez voir, notre invitée du jour est aussi une grande musicienne. Bonjour Alice Taglioni, on est ravis de vous recevoir pour votre premier album. Il s'appelle ADN. Ce sont des compositions classiques tirant vers tantôt le jazz, tantôt l'électro, le pop. C'est très ouvert. Votre ADN, le titre de cet album, c'est la musique. Vous avez commencé à l'âge de 4 ans. Vous vouliez être musicienne-pianiste ?Alice Taglioni : J'ai fait des études de piano très longtemps. Je viens d'une famille de musiciens, de mélomanes. Je suis allée au Conservatoire, j'ai fait des études très poussées. Est-ce que je voulais être pianiste ? Oui. Est-ce que je voulais être pianiste concertiste du répertoire classique ? Je sentais bien qu'il y avait autre chose qui m'attirait. À un moment, j'ai décidé aussi d'arrêter le conservatoire, d'arrêter le piano. En tout cas, le piano, le travail régulier, le répertoire classique. C'est comme ça que je me suis inscrite dans un cours de théâtre, et que j'ai découvert mon métier d'actrice. Voilà qui a été mon métier et qui m'a conduit malgré tout à cet album ADN. Parce que de toute façon, la musique, le cinéma sont deux domaines qui se rejoignent et je pense que l'un ne peut pas vivre sans l'autre. Donc tout ça est assez complémentaire et logique.(...) On découvre en plus que vous chantez. C'est l'album de tous les challenges.C'était important. Il n'y a pas que le piano. De toute façon, la voix a été une découverte aussi. C'est venu à un certain moment avec des textes, ça m'a libérée aussi de quelque chose et ça m'a amenée vers quelque chose d'autre. Donc oui, j'aime énormément chanter. J'avoue, j'aime énormément chanter.Vous avez toujours joué aussi, vous avez composé des musiques de films, vous avez participé à des festivals. Mais là, c'est la première fois que vous êtes là, sortez votre album, vous devez assumer. J'ai cru comprendre que ça n'a pas été si simple que ça. Qu'est-ce qui s'est passé ?Personne ne m'a empêchée de faire quoi que ce soit. La seule personne, c'est moi. C'est-à-dire que oui, dans la vie, on a une forme d'exigence. En tout cas, de là où je viens, il y avait une exigence. Ça, c'était évident. Puis après, il y a les barrières qu'on se met, et toutes ces choses qu'on s'interdit de faire. C'était quoi, les peurs ? Les peurs, c'était de ne pas être à la hauteur de ce que j'avais appris. J'ai grandi avec un répertoire classique, phénoménal, et avec une exigence sur les harmonies, entre Bach, Ravel et tout ce qu'il y a au milieu. On se sent un peu petit, donc je ne m'autorisais pas à ça. Je le gardais pour moi, et c'est vrai qu'à un moment, ce qui me fait du bien, je me suis dit : "Qui sait, ça peut peut-être faire du bien aux autres." Il y a eu les réseaux sociaux qui m'ont aidée. J'en parle beaucoup, parce que ça m'a beaucoup aidée. Les commentaires des gens, d'une grande bienveillance, et qui au lieu de parler de moi et de ce que je pouvais projeter comme image, mon métier, pour les films, les pubs, enfin l'image, on parlait vraiment de... C'est comme si on me reconnaissait, quelque part. Donc ça, ça a été merveilleux et ça m'a donné confiance.Vous avez posté des extraits de chansons, ils ont réagi à ça, c'est ça ?Oui, c'est ça. Et encore maintenant, les gens qui écoutent cet album et qui me font des retours tellement jolis, je me dis, : "Bon, voilà, c'est aussi ça, en fait." C'est parler avec les autres, la musique, ça réunit, donc c'est ce que je crois que je voulais faire aussi.Tous vos doutes, Alice, vous les avez partagés avec l'artiste Myope. Il a écrit sur le papier ce que vous aviez en vous. Il les a couchés sur votre musique. Ces doutes aussi, ça parle ce morceau du moment où vous passez le cap du doute et vous passez à l'action. Ça a été quoi le fameux déclic pour vraiment passer à l'action ?D'abord, c'est de ne plus avoir été toute seule. Parce que toute seule, c'est pas évident. En tout cas, moi, j'ai besoin d'un soutien. J'avais besoin de structurer les choses. Donc c'était formidable de pouvoir parler de ma vie avec Thibaut Barbillon, donc Myope. Effectivement, il a mis son rythme, sa voix, et ensuite, on a coréalisé l'album et les morceaux que je joue au piano. Il m'a aidée à tout structurer. J'ai plus peur, j'ai moins peur. Et tout est dit, en fait, dans Synthèse. C'est ce qui m'a permis, dans ce premier morceau, d'aller où je voulais. D'ailleurs, c'est ce qu'on m'a souvent dit. On m'a dit : "En fait, tu dis tellement de choses que c'est génial, ça te donne une liberté incroyable. Et pour aller vers toutes les musiques, vers la composition, mais aussi vers la musique de cinéma, c'est toutes ces choses qui font que c'est mon ADN. Et je disais tout à l'heure, le cinéma, la musique, c'est très lié. Moi, j'ai très jeune été extrêmement touchée par la musique de cinéma. Je pense beaucoup à Philippe Sarde, qui m'a beaucoup inspirée. Et c'est aussi quelque chose vers lequel j'ai très envie d'aller. Donc ça ne s'arrête pas qu'à du piano classique ou à de la composition perso. Encore une fois, c'est cette envie de partager.Finalement, tout est possible. Pour finir, il vous a appris cet album sur vous-même ?Que les limites, les barrières qu'on rencontre sont souvent celles qu'on se met. Il faut écouter les gens qui nous aiment et essayer de moins écouter ceux qui ont toujours des avis, mais qui ne sont pas toujours les plus bienveillants.Parce que ça va parler à beaucoup de gens. Je rappelle le titre de l'album, il s'appelle ADN, il est en digital, donc disponible sur toutes les plateformes.