Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Le Goût du Monde Le Goût du Monde Le Goût du Monde Art floral Art floral Art floral Chronique Julie Lasterade Avec ses larges feuilles fermes, ses pétales raides et ses tiges robustes, cette plante vivace ne craint ni les maladies, ni les insectes, ni le changement climatique. Ses hampes florales égayent quant à elles les bouquets d’été. Publié le 13 juin 2026 à 05h00 Temps de Lecture 1 min. Elle s’appelle « mollis », pour douce ou souple, en latin. Difficile de savoir si c’est de la botanique ou de l’humour antique. L’Acanthus mollis est bien une plante facile, d’ailleurs Marianne Tourolle, responsable de l’école de botanique et du jardin écologique du Jardin des plantes, à Paris, la conseille aux débutants, mais cette vivace est une brute épaisse. Larges feuilles fermes au toucher. Un mètre cinquante de hauteur en fleurs, hampes blanc et pourpre dressées comme des colonnes au-dessus de tout le reste. Tiges difficiles à casser. Et des pétales si raides que seuls « les bourdons et les frelons » et autres butineurs de cette stature sont suffisamment costauds pour les écarter et accéder à son nectar. Cette merveille ornementale résiste à tout, y compris aux lapins et aux escargots, et le changement climatique ne lui fait pas peur. Ses ancêtres poussaient déjà autour de la Méditerranée quand Périclès dirigeait Athènes et que les sculpteurs la gravaient dans la pierre. Aujourd’hui, son profil figure aussi bien dans des publications scientifiques sur les maladies neurodégénératives que dans la base de données mondiales des espèces envahissantes que l’Australie et la Nouvelle-Zélande gardent à l’œil. Car l’acanthe à feuilles molles est capable de ressusciter à partir d’un infime bout de racine et « se ressème toute seule », ajoute Marianne Tourolle. La pépinière Burncoose Nurseries, située en Cornouailles et médaillée d’or au RHS Chelsea Flower Show 2026, la vend en ligne et conseille, avec beaucoup d’humour pince-sans-rire, de la planter « sur une décharge, où son caractère envahissant ne causera aucun dégât ». Puis de savourer le résultat après l’avoir « débroussaillée vigoureusement une fois par an », tout en déplorant que l’oïdium qui l’attaque parfois n’ait « malheureusement, que peu d’effets durables ou irréversibles ». En France, l’acanthe à feuilles molles est devenue une habituée des parcs publics, des jardins secs et des massifs municipaux, où elle passe souvent inaperçue. Pourtant, ses feuilles larges remplissent les vides, apportent du volume aux bordures et donnent de l’ampleur aux bouquets d’été. A trois ou quatre, ses hampes florales forment à elles seules des compositions magistrales dans un vase Médicis. Rome n’est plus très loin. Nom savant « Acanthus mollis » Zone de prédilection Soleil et mi-ombre, dans tous les types de sols. Floraison Tout l’été, de juin à septembre. Entretien Supprimer les hampes florales avant la formation des fruits pour empêcher les semis spontanés. Aime Camoufler les espaces ingrats. N’aime pas Patauger dans un sol mouillé. Retrouvez ici toutes les chroniques Art floral. Julie Lasterade
L’acanthe à feuilles molles, une héroïne de la résistance
CHRONIQUE. Avec ses larges feuilles fermes, ses pétales raides et ses tiges robustes, cette plante vivace ne craint ni les maladies, ni les insectes, ni le changement climatique. Ses hampes florales égayent quant à elles les bouquets d’été.









