Les partis politiques ont fait des progrès en matière de transparence financière de leurs promesses électorales, constatent des experts. Il faudrait maintenant que cet effort puisse s’étendre à leurs intentions en ce qui concerne l’état des infrastructures publiques. Mais pour cela, il faudrait d’abord un portrait plus fiable de la réalité.La soutenabilité des finances publiques devrait être au cœur des débats lors des prochaines élections générales prévues cet automne au Québec, ont constaté jeudi les participants à une journée de réflexion organisée par la Chaire en fiscalité et en finances publiques (CFFP).Placé sur le thème : « Promesses dans un contexte budgétaire précaire », l’événement a permis de rappeler qu’en dépit d’une révision à la baisse du déficit prévu cette année, de 9,9 milliards à 7,2 milliards, le gouvernement Legault n’a toujours pas dit où il compte trouver les 750 millions à 2,25 milliards qui lui manquent, selon les années, pour atteindre l’équilibre budgétaire d’ici 2030 comme promis. Le défi apparaît d’autant plus grand que ce plan s’appuie sur une croissance des dépenses plus faible qu’à l’habitude, notamment en santé et en éducation, sinon des baisses. Et tout cela, au moment où la population exprime de plus en plus souvent son insatisfaction à l’égard des services publics, notamment en ce qui a trait au mauvais état des infrastructures, comme les routes, les écoles et les hôpitaux.Des promesses plus rigoureusesPour se faire élire, les politiciens ont naturellement plus envie de promettre des baisses d’impôt, de nouveaux programmes sociaux et de nouvelles infrastructures, que des nouvelles taxes et des compressions budgétaires pour rétablir l’équilibre des finances publiques ou des investissements dans l’entretien des infrastructures existantes.Au Québec, ces promesses électorales ont d’ailleurs été longtemps floues avant de se transformer lentement en plateformes de plus en plus formelles, détaillées et chiffrées, ont rapporté jeudi l’historien Harold Bérubé et le fiscaliste Tommy Gagné-Dubé de l’Université de Sherbrooke, qui les ont étudiées de 1944 à nos jours. Un changement important est survenu, au milieu des années 2010, lorsqu’on a convenu que le Vérificateur général dresserait dorénavant avant chaque campagne un portrait général de l’état des finances publiques dans un rapport préélectoral.