Si les infrastructures constituent la « colonne vertébrale du Québec », la province a « présentement un méchant gros mal de dos », avertit le monde municipal. Et à défaut d’offrir des remèdes pour le soulager, les partis politiques trouveront les maires et les mairesses sur leur route au cours de la prochaine campagne électorale.Devant un déficit d’entretien des infrastructures municipales chiffré en dizaines de milliards de dollars, « ce n’est pas le temps des feux d’artifice et, surtout, des baisses d’impôt », a prévenu jeudi le président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Guillaume Tremblay, à l’occasion de la grand-messe annuelle du milieu municipal.Ce dernier a dressé un constat sans appel, jeudi, devant un parterre où figurait la première ministre fraîchement élue par les membres de la CAQ, Christine Fréchette.« Il y a eu dans les dernières décennies un désengagement du gouvernement du Québec dans les infrastructures municipales qui a aujourd’hui des impacts dans toutes les régions du Québec, a déclaré M. Tremblay. Quand on regarde le Programme québécois des infrastructures sur dix ans, de 2016 à 2026, l’augmentation globale des investissements a été de 88 %. »
L’éducation a bénéficié d’une augmentation de 185 % ; l’entretien du réseau routier, de 106 % ; la santé et les services sociaux, de 77 %, a énuméré le président de l’UMQ. Le monde municipal, pendant ce temps, a eu droit à 5 % sur 10 ans.« Dans l’arbitrage des priorités, c’est comme si le gouvernement dit aux municipalités : “Débrouillez-vous, on en a déjà plein les bras” », a illustré Guillaume Tremblay. Pendant ce temps, a-t-il aussi rappelé, les responsabilités des villes se multiplient en matière de logement, d’itinérance, de mobilité, d’intégration de l’immigration — et d’infrastructures.« La facture des municipalités augmente en moyenne de 8 % par année au niveau des infrastructures. Et de ce 8 % de hausse annuelle, jusqu’à 40 % est attribuable à des changements dans les normes. C’est tout ça, Madame la Première Ministre, qui fait grossir notre nid-de-poule au Québec. »Un fonds dédié et des états généraux À l’approche de la campagne électorale, le milieu municipal formule déjà des demandes claires. D’abord, la création d’un fonds financé par le gouvernement du Québec et voué au maintien des infrastructures municipales qui viserait, à terme, un ratio de 3 $ du gouvernement pour chaque dollar investi par les municipalités.« C’est raisonnable, a expliqué M. Tremblay, considérant qu’on est propriétaires de 60 % de toutes les infrastructures publiques au Québec. »












