C’est avec un sentiment de vertige que David McGuinty a accepté le portefeuille de la Défense nationale, le 13 mai 2025. Le premier ministre Mark Carney, fraîchement porté au pouvoir, lui avait confié une mission d’envergure : amorcer une refonte majeure de la défense canadienne.« Il faut être honnête, c’était énorme. Ça impliquait beaucoup de changements », confie le ministre lors d’un tête-à-tête avec Le Devoir, dans une cabine habituellement réservée aux députés située à l’entrée de la Chambre des communes.À son arrivée en poste, la réputation militaire du pays battait de l’aile. L’OTAN pressait Ottawa d’atteindre sa cible de dépenses en défense, le Canada figurant alors parmi les cancres de l’Alliance. Le président Donald Trump s’amusait quant à lui à attaquer la souveraineté canadienne en affirmant — non sans raison — que le Canada profitait de la protection militaire américaine.Il aura fallu 60 jours au nouveau ministre pour dresser la liste des chantiers prioritaires.La première urgence : atteindre, le plus rapidement possible, la cible de 2 % du PIB exigée par l’OTAN, que l’ancien premier ministre Justin Trudeau avait promis d’atteindre en 2032. La seconde : rehausser le salaire des membres des Forces armées canadiennes, privés d’augmentation majeure depuis 1997.
McGuinty, artisan clé de la refonte de la défense du pays
Le ministre de la Défense nationale garde la tête froide face aux États-Unis malgré les tensions, dit-il au «Devoir».







