La plus haute instance militaire de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) pourrait être dirigée par une Québécoise. Le ministre fédéral de la Défense, David McGuinty, a annoncé mercredi la candidature de la générale Jennie Carignan, actuelle cheffe d’état-major de la Défense du Canada, à la présidence du Comité militaire de l’Alliance.Le président du Comité militaire est le principal porte-parole de l’Alliance des 32 pays membres sur les questions militaires, et agit comme principal conseiller militaire du secrétaire général de l’OTAN. Il est élu par les chefs d’état-major des pays alliés et est nommé pour un mandat de trois ans.Le mandat de l’actuel président, l’amiral italien Giuseppe Cavo Dragone, doit prendre fin l’été prochain. L’élection visant à lui choisir un successeur aura lieu en septembre 2026, à l’occasion de la conférence du Comité militaire à Copenhague. Mme Carignan continuera d’assumer ses fonctions à la tête des Forces armées canadiennes pendant le processus de sélection.Depuis la création de l’OTAN, seuls trois Canadiens ont occupé cette fonction : le général Charles Foulkes (1952-1953), l’amiral Robert Falls (1980-1983) et le général Raymond Henault (2005-2008). Si elle était élue, Jennie Carignan deviendrait non seulement la première Canadienne à accéder à ce poste, mais aussi la première femme à occuper la plus haute fonction militaire de l’Alliance.Originaire de Val-des-Sources, en Estrie, Jennie Carignan est cheffe d’état-major de la Défense depuis 2024. Elle avait déjà marqué l’histoire en devenant la première femme à accéder à cette fonction au Canada. Au cours de sa carrière militaire, elle a notamment dirigé la mission de l’OTAN en Irak de 2019 à 2020.« La générale Carignan est une chef militaire exceptionnelle dont l’expérience, le discernement et le profond attachement à la collaboration entre les Alliés font d’elle une candidate de premier plan pour occuper le poste de prochaine présidente du Comité militaire de l’OTAN », a déclaré le ministre McGuinty dans un communiqué.Sa possible nomination surviendrait dans un contexte de frictions géopolitiques croissantes, marqué notamment par la guerre en Ukraine, qui se poursuit depuis maintenant cinq ans. Au terme d’une réunion du Comité militaire de l’OTAN tenue mardi à Bruxelles, le président actuel a affirmé que l’Alliance demeurait en état d’alerte constant, « 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 », sur l’ensemble des fronts stratégiques.La nomination d’une Canadienne à la présidence surviendrait également dans le contexte de tensions politiques persistantes entre le Canada et les États-Unis. Plus tôt cette semaine, un sous-secrétaire américain à la Défense a brusquement suspendu des travaux d’une commission militaire bilatérale en place depuis la Seconde Guerre mondiale, estimant que « le Canada n’avait pas réalisé de progrès crédibles concernant ses engagements en matière de défense ».Le premier ministre canadien, Mark Carney, a par la suite minimisé la décision de Washington de suspendre les travaux du comité, qui ne s’était pas réuni depuis 2024.Ce printemps, l’OTAN a annoncé que le Canada avait atteint, pour la première fois l’an dernier, la cible de dépenses militaires de 2 % du PIB établie par l’Alliance.