Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Politique Politique Politique L’essayiste républicain publie deux ouvrages aux éditions Gallimard : « Tout », qui mêle mémoire intime et réflexion sur le changement d’époque, et « Le Grimpeur et le Grognard », correspondance avec l’écrivain Sylvain Tesson. Article réservé aux abonnés Livres. Agrégé de philosophie et guérillero à 25 ans, compagnon de Fidel Castro à Cuba et de Che Guevara en Bolivie, confident de Salvador Allende au Chili et conseiller de François Mitterrand de 1981 à 1985, Régis Debray a voulu transformer le monde sans cesser de l’interpréter. Ecrivain et médiologue, il publie, aux éditions Gallimard, Tout (208 pages, 20 euros), composé d’une galerie de portraits de ses compagnes et compagnons de route agrémentée d’une réflexion sur le passage « d’un siècle à l’autre », ainsi que Le Grimpeur et le Grognard (96 pages, 13,90 euros), une correspondance avec l’écrivain voyageur Sylvain Tesson. En dette à l’égard ses « créanciers », Régis Debray portraiture dans Tout ses anciens camarades, ses anciennes amours et ses anciens amis qui ont, selon la formule de Karl Marx, voulu monter « à l’assaut du ciel », quitte à se brûler les ailes. A l’image de la « discrète et décidée » Monika Ertl. Fille d’un nazi proche de Klaus Barbie, elle « vengea » Che Guevara en tuant le colonel qui avait coupé les mains du « comandante » après son exécution, en 1967. Ou encore de Joan Baez, une artiste « espiègle et mélancolique », dont il fut « [l’]amant, [le] traducteur et [le] confident ». Rencontré à l’occasion de la sortie de ses ouvrages, Régis Debray considère que les femmes sont « plus intransigeantes, plus discrètes, moins vantardes que nous, les mecs, trop va-de-la-gueule », gardant tout particulièrement en mémoire le souvenir de la comédienne Simone Signoret, sa « bienfaitrice » et même sa « seconde mère », qui l’a logé en France à son retour de ses aventures révolutionnaires en Amérique latine. Cependant, les temps ont changé et les horizons font désormais faux bond, assure Régis Debray, qui soutient même dans Tout que « l’avenir, c’était hier », évoquant le passage de la République à la démocratie, du temps à l’espace et de la page à l’écran. Interrogé sur l’actualité de ses intuitions, l’écrivain constate que l’internationalisme révolutionnaire des années 1960 a aujourd’hui laissé la place à une internationale réactionnaire : « Le premier internationalisme était prometteur, mais s’est cassé la gueule sur le fait national. L’actuel fait l’inverse partout. Repli sur la tribu. Les chauvins se tiennent la main », répond-il au Monde. Il vous reste 56.71% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.