Bague Tetraya, en platine, émeraude, rubis et diamants, et bague Stratelia, en platine, saphir et diamants, de Cartier. CARTIER

A quelques jours d’intervalle, respectivement à la mi-mai à Saint-Tropez (Var) et au début de juin à Paris, Cartier et Van Cleef & Arpels ont révélé leurs collections de haute joaillerie – des événements à forts enjeux commerciaux qui signalent aussi leurs ambitions créatives. Les marques s’avèrent être les deux vaisseaux amiraux du même groupe suisse : Richemont. Grâce au succès de leur joaillerie, leur maison mère a revendiqué, fin mai, une croissance de 11 % pour 2025, à rebours du reste de l’industrie du luxe, globalement à la peine. Les « cousins », comme on dit dans le groupe, ne sont pas pour autant du genre à se concerter : chez Richemont, chacun évolue dans son couloir. Là où le premier propose une sorte de best-of de son style, le second assume une proposition thématisée.

Cartier doit maintenir sa position de leader sans s’endormir sur ses lauriers. Première témoin de l’appétit pour la haute joaillerie, la maison fondée en 1847 accélère la cadence : elle revendique cette année sa plus vaste collection (« 250 pièces pour plus de 2 000 carats de pierres de centre [les plus imposantes] », s’enorgueillit-elle), ce qui l’a obligée à recruter deux designers supplémentaires au sein de son studio, désormais pourvu d’une quinzaine de salariés. « Avec l’engouement actuel de la clientèle, la visite des salons pour l’achat des pierres est devenue très intense », témoigne la directrice de création Jacqueline Karachi, qui a fait le voyage dans les foires de Hongkong et de Tucson (Etats-Unis). Célébrer la matière première : c’est tout le propos du dernier millésime, baptisé « Le Chœur des pierres ».