Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Travail Travail Travail Chronique Aline Leclerc Journaliste au service Economie En raison de l’inflation qui repart à la hausse, le pouvoir d’achat des salariés s’érode et un profond sentiment de déclassement social perce chez nombre d’entre eux, constate dans sa chronique la journaliste au « Monde » Aline Leclerc. Publié aujourd’hui à 12h53 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Interrogée, mi-mai, sur son éligibilité à la prime carburant mise en place par le gouvernement, une aide à domicile s’emporte : « Mais plutôt que des aides et des primes, l’Etat ferait mieux de valider nos augmentations de salaire ! Ça fait quatre ans que c’est gelé ! » Comme un écho à cette revendication entendue si souvent sur les ronds-points de « gilets jaunes » : « Ce qu’on veut, c’est vivre dignement de notre travail ! » Au cours de l’hiver 2025-2026, c’est le délégué syndical d’une usine de poudre à canon qui s’inquiétait de voir la prime d’intéressement, liée à la performance, remplacer la hausse du salaire mensuel : « C’est aléatoire, ponctuel, et cela tombe tardivement. Nous, ce qu’on veut, c’est toucher chaque mois ce dont on a besoin pour vivre. » Face à la remontée de l’inflation et dans le brouillard géopolitique actuel, il est évidemment plus rassurant pour les entreprises, elles-mêmes confrontées à des hausses de coûts, de proposer à leurs salariés des primes « ponctuelles », en fonction des ressources disponibles à l’instant T, que de s’engager sur une hausse durable de leur masse salariale. Mais les salariés, eux, ne l’entendent plus de cette oreille. Tandis que leurs rémunérations n’ont cessé de se complexifier depuis les années 1990, avec des primes individuelles ou conjoncturelles (comme la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat, en 2018, ou la prime de partage de la valeur, en 2022, des versements annuels liés aux résultats de l’entreprise (l’intéressement et la participation) ou des plans d’épargne ou d’actionnariat salarié, ils ont retenu de la précédente période d’inflation (2022-2024) qu’il n’est rien de plus efficace, fiable et pérenne pour maintenir leur pouvoir d’achat qu’une bonne vieille augmentation de leur salaire de base. Confrontés au déclin du modèle des hypermarchés, les employés de la grande distribution font le même constat. « Quand je suis arrivée, il y a vingt-quatre ans, on avait plein de primes, on était bien rémunérés », remarque une salariée d’une grande surface de l’Essonne. « La participation, certaines années, c’était plus d’un mois de salaire !, renchérit une collègue. Mais là, il n’y a plus rien. » Il vous reste 53.13% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Pour maintenir le pouvoir d’achat, rien n’est plus efficace qu’une bonne vieille augmentation de salaire »
CHRONIQUE. En raison de l’inflation qui repart à la hausse, le pouvoir d’achat des salariés s’érode et un profond sentiment de déclassement social perce chez nombre d’entre eux, constate dans sa chronique la journaliste au « Monde » Aline Leclerc.
L'inflation relance le rejet des primes ponctuelles : les salariés exigent des augmentations de base stables, leçon de 2022-2024. Pour les tech leaders, cela indique un retention risk croissant et l'urgence d'ajuster les salaires de base face à la wage inflation.






