Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Économie Économie Économie Intelligences artificielles génératives Intelligences artificielles génératives Intelligences artificielles génératives Les acteurs de la création reprochent aux députés de la majorité de faire obstruction contre ce texte visant à les aider à négocier une rémunération avec les fabricants d’intelligence artificielle. Article réservé aux abonnés « Aujourd’hui est un jour de deuil. Celui où les députés du groupe Renaissance et son président Gabriel Attal ont décidé d’enterrer la culture et la presse au profit de l’intelligence artificielle. » Cette sentence est écrite par Cécile Rap-Veber, la directrice générale de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem), dans un billet publié mercredi 10 juin sur Linkedin. La dirigeante réagit au dépôt, par le groupe macroniste à l’Assemblée nationale, de plus de 100 amendements à la proposition de loi de la sénatrice Laure Darcos sur le droit d’auteur et l’intelligence artificielle (IA). Une démarche qualifiée « d’obstruction ». Cette multiplication d’amendements – sur un texte qui ne comporte qu’un article – nécessiterait de longues discussions entre élus : elle rend donc définitivement impossible le débat en séance de ce texte, jeudi 11 juin. A cette date, le groupe communiste (GDR) dispose d’une « niche » parlementaire, durant laquelle il peut faire examiner par l’Assemblée des textes de son choix. Il avait inscrit la proposition de loi sur IA et droit d’auteur parmi la liste mais en dixième et dernière position, rendant son débat en séance plénière très improbable. Les amendements confirment que, même en le remontant un peu dans les priorités, il ne fera pas l’objet d’une discussion ni d’un vote. Les sociétés d’ayants droit culturels, qui soutiennent le texte avec ferveur, ont publié une salve de communiqués en réaction. « Cette obstruction interroge frontalement les ambitions réelles du parti présidé par Gabriel Attal, par ailleurs candidat à la présidence de la République, écrit la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD). Quand il affiche comme horizon de vouloir faire de la France “la patrie de l’IA”, faut-il comprendre que cette ambition se bâtirait sur le vol généralisé et même encouragé des œuvres des auteurs ? » « Pour laisser les acteurs européens et leurs concurrents américains et chinois utiliser gratuitement des contenus sous droit qui ne leur appartiennent pas, les députés du groupe Renaissance n’hésitent pas à saboter la bonne application de lois dont le Président de la République et le gouvernement sont pourtant les garants », dénonce le Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP). Il vous reste 56.61% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.