Des personnes en situation d’itinérance de la métropole hésitent à appeler les secours lorsqu’elles sont en détresse, craignant de ne pas être traitées comme les autres citoyens par les forces de l’ordre, déplorent des organismes dans un rapport dévoilé mardi. Et les conséquences peuvent être graves, disent-ils.« Les pratiques actuelles ne renforcent pas la sécurité, elles alimentent plutôt l’exclusion », a soutenu la directrice de la Clinique Droits Devant, Sophie Sénécal, lors d’un point de presse dans le quartier Centre-Sud.En 2025, son organisation et le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) ont mené un coup de sonde dans la métropole auprès de 37 personnes en situation d’itinérance. Environ 65 % des répondants ont affirmé être rarement ou jamais traités comme le reste de la population. Aucun répondant n’a d’ailleurs exprimé « une grande confiance envers la police en cas de besoin ».Certaines personnes ont vécu de mauvaises expériences lorsqu’elles ont fait appel aux services d’urgence, ajoute Mme Sénécal. « Il y a des gens qui ont demandé de l’aide après un vol ou une agression, mais parce qu’ils étaient en situation de consommation, soit ils n’ont pas reçu d’aide, soit la situation s’est retournée contre eux. »Cette méfiance s’explique aussi notamment par les nombreuses interactions qu’ont les personnes en situation d’itinérance avec le système judiciaire, soutient Mme Sénécal.Selon le sondage, quatre répondants sur 10 se considèrent comme « fortement judiciarisés ». Plusieurs affirment être fréquemment interpellés par les policiers, recevoir des constats d’infraction ou faire l’objet d’accusations criminelles pour des délits mineurs.« Une personne en situation d’itinérance qui vole un sandwich, par exemple, peut être en mode survie et ne pas nécessairement se présenter à sa date de cour. Elle risque alors de se retrouver emprisonnée pour cela », souligne-t-elle.
À Montréal, les personnes itinérantes hésitent parfois à appeler les secours
Elles craignent de ne pas être aidées adéquatement, révèle un rapport dévoilé mardi.












