Des agents noirs de la police de Montréal ont adressé une lettre à la direction, dans laquelle ils indiquent que certains d’entre eux hésitent à se rendre au travail après le démantèlement d’une unité de patrouille à la suite d’allégations graves de comportements racistes.La lettre est datée du 14 juin, deux jours après que de hauts responsables de la police ont tenu une conférence de presse en fin de soirée pour annoncer qu’ils avaient suspendu deux agents et réaffecté 14 autres après des allégations de racisme et d’autres comportements répréhensibles.Le chef de la police, Fady Dagher, a déclaré le 12 juin que l’enquête avait débuté en mars à la suite d’informations fournies par des collègues.« Le silence ne construit pas la confiance. La protection des personnes qui s’expriment, oui », ont écrit les agents dans la lettre interne adressée au directeur général adjoint du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Marc Charbonneau.Les employés noirs affirment avoir été informés de tentatives visant à identifier les lanceurs d’alerte au sein de certaines unités et craignent des représailles pour avoir eu le courage de dénoncer ces comportements honteux.« Le résultat est que des employés du SPVM craignent des représailles et dans certains cas, hésitent même à se rendre au travail », ont-ils conclu. Ils ont également déclaré que le corps policier doit protéger celles et ceux qui ont eu le courage de dénoncer des comportements honteux, ainsi que celles et ceux qui collaborent aux enquêtes internes.La lettre, transmise à La Presse canadienne par la Coalition rouge, un organisme de défense de droits, a été signée par un comité représentant les employés, mais ne mentionne aucun nom.Ces avertissements des employés noirs surviennent alors que le gouvernement du Québec fait face à des appels croissants à lancer une enquête indépendante sur le corps policier afin de rétablir la confiance du public.Plusieurs groupes de défense des droits civiques et des politiciens ont affirmé que les allégations de racisme et d’inconduite au sein du service ne sont pas nouvelles et qu’il est urgent d’y remédier.Des centaines de résidents se sont rassemblés lundi devant le poste de police au cœur de la controverse, acclamés par la foule lors de leur marche dans le quartier multiculturel de Montréal-Nord.