Lundi soir, un groupe de manifestants s’est rassemblé devant le poste de quartier 39, à Montréal-Nord, pour dénoncer les comportements racistes allégués de 16 de ses policiers.C’est sous un ciel orageux que les résidents se sont rassemblés, gardés à distance du poste de police par un ruban installé quelques minutes avant le début de l’événement, à 19 h.Pour Cassandra Exumé, coordonnatrice générale de l’organisme Hoodstock, un groupe de justice sociale créé à la suite de la mort de Fredy Villanueva, les allégations révélées vendredi soir ramènent de mauvais souvenirs.« C’est une colère qui perdure vraiment depuis des années, par les témoignages des résidents qu’on rencontre à maintes reprises, par des récits qu’on a entendus, notamment des allégations qui ont été dites, raconte-t-elle. Il n’y a rien d’étonnant. Il y a vraiment une omerta, il y a vraiment une imputabilité des corps policiers. »Tard vendredi, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a annoncé le démantèlement d’une équipe de 16 policiers par la haute direction sous suspicion de comportements racistes. Entre autres, des policiers auraient collectionné des mèches de cheveux de personnes qu’ils appréhendaient, à la manière d’un « scalp ».Deux des policiers sont visés par une enquête du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) et une enquête du SPVM est en cours.Lundi, le gouvernement de Christine Fréchette s’est engagé à mandater un « observateur indépendant » pour surveiller une enquête sur ces événements qui sera confiée à la Sûreté du Québec. Le conseil municipal de Montréal avait réclamé plus tôt dans la journée une enquête indépendante du SPVM sur les allégations.« Il faut s’assurer d’une reddition de comptes qui va être indépendante, qui va être authentique, qui va être directe et transparente », avait déclaré la mairesse Soraya Martinez Ferrada.Plus tard lundi, deux groupes de justice sociale, la Ligue des droits et libertés (LDL) et l’Association canadienne des libertés civiles (ACLC), ont remis en question l’efficacité d’un observateur indépendant. Ils demandent plutôt une Commission d’enquête publique indépendante « portant sur le racisme policier et le profilage racial systémique au sein du SPVM, et la fin immédiate de la pratique arbitraire des interpellations policières ».« Il faut examiner le caractère systémique de ce phénomène, les pratiques policières qui le rendent possible, et les véritables actions que doivent prendre les autorités politiques », a affirmé Lynda Khelil, porte-parole de la LDL, par voie de communiqué.Une demande à laquelle fait écho Mme Exumé, qui demande « une enquête publique et indépendante ». « On ne connaît pas le nom des policiers, on ne sait pas qui c’est, ces 16 personnes-là, on ne sait pas si c’est la pointe de l’iceberg. Je crois qu’on peut aller plus loin et en toute transparence envers la communauté, c’est la moindre des choses. »
Des manifestants se réunissent pour dénoncer le racisme au sein du SPVM
Des résidents et des groupes communautaires se sont rassemblés pour dénoncer les comportements de policiers.











