Les établissements de détention au Québec tardent à changer leurs méthodes d’intervention auprès des personnes incarcérées les plus vulnérables, malgré une nouvelle approche proposée par le ministère de la Sécurité intérieure (MSI) depuis 2020.C’est ce que révèle une enquête du protecteur du citoyen, Marc-André Dowd, rendue publique mercredi, sur la gestion des cas complexes dans les prisons sous juridiction québécoise.Les interventions coercitives, ou l’approche dite « sécuritaire », prévalent encore pour répondre à des comportements violents ou agressifs de détenus aux besoins complexes, qui peuvent être liés à des enjeux de santé mentale, à de la dépendance, à une déficience intellectuelle ou à une exposition à la violence durant l’enfance.L’« approche sécuritaire » fait référence notamment à l’utilisation par les agents des services correctionnels de menottes ou de chaînes de taille ou aux pieds, à l’isolement ou au recours à la force physique.« Au terme de notre enquête, nous constatons que le modèle d’intervention du MSI n’est pas réellement mis en œuvre et que l’approche sécuritaire demeure la principale réponse aux réactions comportementales témoignant de besoins complexes », a affirmé M. Dowd, en conférence de presse à l’Assemblée nationale.