Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement M le mag M le mag Cinéma Cinéma Cinéma Après un documentaire sur les dernières heures de John Lennon présenté au Festival de Cannes, le cinéaste américain sort « The Christophers », en salle le 10 juin, autour d’un peintre vieillissant ayant lâché ses pinceaux. Une façon de conjurer le sort pour cet angoissé de la création qui, à 63 ans, ne cesse de se réinventer. Article réservé aux abonnés L’objectif est de durer. Pour Steven Soderbergh, ce but a été clairement fixé dès le départ. En 1989, le réalisateur américain, alors âgé de 26 ans, avait formulé cette étonnante intuition au moment de recevoir la Palme d’or au Festival de Cannes pour Sexe, mensonges et vidéo : « Ma trajectoire ne peut plus qu’être descendante. » Trente-sept ans plus tard, le metteur en scène de Traffic (2000) et Ocean’s Eleven (2001) continue de soigneusement tout mettre en place pour échapper au destin de Julian Sklar : le personnage principal de son nouveau film, The Christophers (en salle le 10 juin), est un artiste peintre, ancienne figure du pop art à Londres dans les années 1960, qui, après des débuts fracassants, a cessé de peindre. Longtemps, Steven Soderbergh s’est réveillé au milieu de la nuit avec une même angoisse : a-t-il encore quelque chose à dire ? « Connaissez-vous un réalisateur étranger à ce tourment ? se demande-t-il. C’est une règle chez nous. A la soixantaine, le déclin semble inévitable. » Pour échapper à cette fatalité, Steven Soderbergh a depuis longtemps établi un plan de bataille. Il s’est expatrié à Londres il y a quelques années. Autrefois figure du cinéma américain indépendant, puis artisan émérite au sein du système hollywoodien, il est devenu cinéaste britannique. Il vous reste 82.09% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.