« Je pense que je n’ai jamais très bien su comment mener une entrevue », laisse tomber Sylvain Cormier au beau milieu d’une phrase. La déclaration surprend venant d’un journaliste qui a gagné sa vie en couchant sur papier le fruit de ses rencontres avec des centaines d’artisans de la musique québécoise. C’est que le fidèle collaborateur du Devoir ne se définit pas comme un journaliste, apprend-on à la lecture de son fascinant recueil Des oreilles au bout des doigts. 35 ans de journalisme musical, publié mardi.Alors, comment se perçoit-il ? « Pendant longtemps, j’ai dit que j’étais un fan avec une job, répond-il. Je n’ai jamais fait d’enquête, je n’ai jamais couvert les politiques culturelles. Si j’avais des scoops, je les donnais aux autres. Je n’avais pas du tout envie qu’on me révèle des choses. » Et pourtant, les Robert Charlebois, Diane Dufresne, Pierre Lapointe et Charlotte Cardin de ce monde lui ont révélé bien des choses au fil de leurs échanges, constate-t-on à la lecture de son ouvrage. « Sauf que ça arrivait de façon non préméditée, souligne-t-il. Tout ce que je sais faire, c’est créer une sorte de rapprochement, un contact, et puis on jase dans le désordre, sans liste de questions. »
Avec Sylvain Cormier, tout commence et finit par la musique
Le premier recueil du collaborateur au «Devoir» fait revivre les temps forts de la musique québécoise contemporaine.












